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 [RP Unique - Avril] La petite peluche


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Gouvernement
Fondateur
Date d'inscription : 14/02/2017
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 (#Lun 2 Avr - 20:55


La petite peluche
Ambriel 1201 E8 Q1 D5


« Ma... Maman ? »

Dans la rue, une peluche à moitié éventrée traîne sur le sol. D'une main fébrile, une jeune femme la ramasse, la regardant longuement. Des larmes se mettent à couler, des sanglots retentissent et, tout à coup, elle se met à serrer ce petit objet qui n'a même plus de tête. Le souffle court, les mains tremblantes, elle file dans les ruelles en clamant le nom de sa fille. Mais personne ne lui répond. Elle ne voit aucune tête, rien qui ne puisse lui rappeler la belle chevelure blonde de sa fille ou la candeur de son visage. Le noir infini, comme si elle courrait après l'invisible. Alors qu'elle s'acharnait à chercher, elle comprit qu'elle ne pourrait arriver à la retrouver. Tout simplement car Maddy avait disparu.

Lorsqu'elle alluma son holoverre une fois la nuit tombée, elle découvrit que son signalement passait sur les grandes chaînes d'informations locales. Voir le visage de sa petite sans l'avoir auprès d'elle la traumatisait. La mère serra encore plus fort cette peluche, bien qu'elle n'ait déjà plus de larme pour pleurer « Il... Il faut faire quelque chose... » Difficilement elle s'endormit sur la banquette de son salon.

De plus en plus d'annonce pour des enlèvements d'enfants apparaissaient. Le monde n'était pas vil, mais personne ne savait où ces gosses disparaissaient. Des dizaines de couples étaient venus, détruits, signaler la disparition de leur progéniture. C'était quelque chose de pénible, de douloureux, que les autorités avaient du mal à gérer. Il y avait bien une enquête mais elle ne menait à rien. Les kidnappeurs étaient trop fort pour l'incompétence des forces de l'ordre et même les meilleurs inspecteurs traînaient la patte face à cette affaire.

Pourtant, malgré la disparition de ces mômes, dont on vous a surriné les visages, si bien que vous pouvez en faire un portrait de chacun, vous avez la stupéfaction d'en rencontrer un. Un de ceux portés disparut. Au détour d'une ruelle, qu'importe le quartier, vous l'avez déjà oublié, vous voyez cet enfant. L'air affable, il ne s'exprime pas ou très peu. Lorsqu'il vous regarde, il vous voit à peine. Pourtant, dès que vous le touchez, vous le sentez réagir. Tantôt en pleurant, tantôt en agressant, mais avoir une réaction très épidermique. Pourtant, vous êtes persuadé que c'est un des portés disparut et votre objectif premier, est de le ramener au relais de police le plus proche pour le faire, au moins, hospitaliser et prévenir la famille.


Explications


Ici mission tranquille hehe ^^
Personne ne vous sollicite en particuliers mais si vous souhaitez participé, alors vous rencontrerez un enfant qui, normalement, est porté disparut.
Vous en ferez une brève description pour éviter que tous ne se ressemble XD
Enfin comme vous avez pu lire, il a quelque chose de louche qui, ici, ne sera pas révélé. Vous pouvez faire intervenir des PNJs, faire parler l'enfant ou au contraire non, également faire parler la police si vous souhaitez. Attention cependant à ne pas trop prendre d'initiatives sur le contexte général du forum pour ne pas faire de hors sujet ^^
Ce qu'il fait là et pourquoi son état c'est top secret /sbaff
Ce sera révélé dans un prochain RP unique ^^

J'ai mis le RP dans Piat' mais vous pouvez rencontrer l'enfant où vous souhaitez.


Date limite : 1er mai 2018

Vous ne savez pas comment fonctionne un RP Unique ? RDV >> ici <<


Gains

800 mots : 200 Den'g

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Invité
Invité
 (#Ven 6 Avr - 10:59

Musique d'ambiance (pas trop fort xD):
 

L'holoverre devant nous affiche mal une image déjà brouillée. Jin lance, excédée :

-C'est trop demandé d'avoir un matériel qui fonctionne ?

Visiblement. On est dans un squat pourri, c'est déjà une aubaine d'avoir un holoverre qui puisse être relié aux médias actifs. La chaîne d'information est celle qui est le mieux capté en ville et en basse-ville car il faut qu'elle soit entendu par tout le monde. Le problème c'est que les lignes, ici, ne sont pas vraiment entretenues. Mais bon, on s'en contente et puis personnellement, si je ne fais que entendre la voix de la présentatrice, ça me va. L'image m'est bien égal.

Seulement, les nouvelles qu'elle est en train de dire sont tous sauf rassurantes. Si Jin a pesté jusque là, elle a, à cet instant, le bon réflexe que de se taire.

-Attention. Une nouvelle vague d'enlèvement infantile a déferlé sur Moscou. La capitale se voit prise d'assaut par des ombres qui arrache les enfants des bras mêmes de leurs parents. Faites attention quand vous sortez et si vous voyez un comportement suspect, n'hésitez pas à le signaler aux bornes de police. Une équipe interviendra immédiatement. Voici maintenant la liste des enfants disparus. Egalement, si vous distinguez l'un d'eux en ville ou dans les alentours, merci de le signaler immédiatement. Il en va, à tous, de notre devoir de citoyen pour arrêter ce massacre.
-Tu parles ! Il en va de notre devoir de citoyen... Je suis persuadée qu'elle et tout ses petits copains sont des vendus. Je ne vois même pas comment elle peut rester stoïque à l'évocation de ces nouvelles morbides.
-Peut-être car elle n'a pas d'enfant.
-Peu importe ! Ce qui m'inquiète c'est surtout l'endroit où ces pourris cachent les gosses. Y a pas trente-six lieux possibles.
-Tu peux toujours demander à Gus mais je doute qu'il veuille t'accompagner pour épurer la Basse-Ville.
-Tu penses qu'ils seraient tous là-bas ?
-Bha, où peuvent-ils être ? Comme tu dis : y a pas trente-six lieux. Surtout qu'en haut, la flicaille les aurait déjà choppé.

Je me laisse tomber contre le dossier miteux du canapé. En réalité, je suis perturbée. Moi aussi j'en connais des enfants et ils ne méritent pas ça. Ils n'ont rien fait pour être enlevés, disséqués, démembrés ou que sais-je.

-Ecoute, sans épurer quoi que ce soit, accompagne moi. J'ai besoin de prendre l'air.

L'avantage avec Jin c'est qu'elle est partante pour tout.
Une fois les pieds hors du bâtiment, on décide de marcher un peu au grès de nos envies. Nous n'avons pas de but et, pourtant, nous continuons de parler de cette sordide affaire. En haut, les gens se gaussent et se fichent de savoir ce qui nous arrive. Alors à des enfants, c'est encore pire : ils doivent les oublier direct.
Ca me met en rage de savoir que certains sont autant sans coeur et, pourtant, je dois faire avec. Jin essaye de me calmer mais si ça a commencé par une conversation ça finit par des éclats de voix. Je ne lui en veux pas, je ne m'acharne pas sur elle, je lui explique simplement ma colère. Et cette dernière s'entend...

Au détour d'une rue, cependant, je me dois de rester silencieuse. Une voix, une toute petite voix s'est faite entendre et nous nous tournons vers elle, figeant notre marche. Un petit garçon de cinq ou six ambriels, tout au plus, nous fixe du regard. Il a nommé l'une de nous maman et nous nous sommes regardés, l'air bête.
Immédiatement je m'accroupi et tend un bras.

-Hey... Bonjour toi... Tu t'es perdu ici... ?

Je regarde Jin. Elle l'a remarqué aussi. Ce môme est stoïque comme absent. Il nous regarde sans nous voir et ça a le mérite de nous refroidir. Sa peau légèrement mat, est tuméfiée. Pourtant, cela ressemble à de vieilles blessures, d'anciens bleus, qui ont presque disparut.

-Quelqu'un ta fait du mal ? Je peux voir... ?

Il est docile, se laisse complètement faire. Je m'approche, prends son bras et remarque effectivement plusieurs choses. Il a également de petites cicatrices, comme des trous minuscules.

-Oh non... Regarde.

Jin se baisse en se rapprochant et distingue la même chose que moi.

-Il faut l'emmener à l’hôpital.
-Tu es folle ? Ils vont l'écharper ! D'abord emmenons-le à la clinique !
-Et tu vas payer avec quoi ? Ils ne nous accepterons jamais !
-Attends, il doit bien y avoir des pupilles de l'état ou des aides ? On a trouvé un gosse à moitié arraché, tu vas pas me dire qu'ils vont le laisser...
-Ton langage !
-Hum... Bref, je pense qu'en le portant déjà aux flics ou à la clinique, il y aura moyen de faire quelque chose.

Je me tourne à nouveau vers lui.

-Si je te tiens la main, tu peux marcher ?

Il hoche la tête toujours sans suivre mon regard, comme si je n'existais pas.

-Allez, on y va...

Non mais c'est quoi ce bordel ?
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Jasper Kovachev
Administrateur
Date d'inscription : 31/08/2017
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Identité
Age: 28 ans
Logement: T2 à la caserne
Corpulence: Moyenne
 (#Mer 11 Avr - 11:02
C'était assez original comme les coïncidences peuvent parfois changer la vie de certaines personnes. En effet, une simple coïncidence changea la mienne. Pourtant, ne dit-on pas qu'il n'y a pas de coïncidence, seulement des rendez-vous ?
~
La femme qui se tenait devant moi s'effondra dans mes bras « Allons Magda... N'aies pas peur... » Quel sot je faisais ! Bien sûr qu'elle n'avait pas peur, elle était triste. Triste à s'en damner. Sous les hoquets de ses sanglots, elle ne pu décemment me faire comprendre combien je me tromper sur son sentiment de malaise. Tout ce qu'elle fit pour la soirée, fut de pleurer dans mon giron.

Je pourrai dire avec une certitude affirmée que je n'étais pas fait pour être très sociable. Aigri dans mon bureau de flic qui n'arrivait pas à décoller, je passais la plupart de mon temps au bar seul plutôt qu'entouré de mes amis. Pourtant, j'en avais, ou était-ce peut-être devenues de simples connaissances... ? Je ne savais pas, mais les seules à être restées près de moi étaient les femmes. Je devais conférer un sentiment rassurant, voilà tout.
Magdaléna était une de ces connaissances, amies, que sais-je, et nous nous voyions une fois par ériel environ. J'avais suivi son idylle avec un homme correct et haut placé ainsi que sa rupture abrupte avec ce dernier. Je l'avais épaulé du mieux que je pouvais pendant toute sa grossesse et pour l'accouchement, elle avait fait venir une autre amie. Sa petite fille avait maintenant quatre ambriels. Ou peut être cinq. En réalité, je n'en savais rien et ça ne me concernait pas vraiment Elle était mignonne comme tout, c'était tout ce que je pouvais dire.

Mais voilà qu'elle avait disparut. Magda vint me voir un soir du sixième ériel de l'ambriel en cours, sans prévenir, la mine déconfite. Elle m'annonça que Ciel avait disparut. Ciel, sa fille, évidemment. Si je mis un moment à percuter, ce ne fut que quand elle chouina sur mon épaule que je fis le rapprochement. En effet, sa douceur n'était pas dans le coin, comme à l'accoutumé. Si la condition de cette femme m'importait peu, je me souciai beaucoup plus de la gamine. Je commençai mes questions précises, digne du bon flic des rues. Quand ? Comment ? A quelle heure ? Des témoins ? Vers où ? Qui ? A-t-elle vu quelque chose ? Des indices ?
Magda était totalement dépassée par ces questions et ses pleurs ne s'arrêtaient pas. La seule chose qu'elle pu me donner fut l'endroit : au centre commercial de Piat.
~
En moins de deux ériels, Magda passa l'arme à gauche. Sa vie était devenue un enfer sans sa fille et elle n'arrêtait pas de me dire que ça ne valait plus rien de se battre. Après mon rapport à mes collègues en charge des disparus, la femme n'eut pour seule réponse un « Nous sommes sur l'affaire. » qui voulait tout et rien dire. Elle venait me demander à moi, sans succès. Il y eut de plus en plus de disparition d'enfants, ce qui alarma les autorités. Certains mercenaires, même, étaient dépêchés pour surveiller des lieux très fréquentés. De plus, je le voyais, mais la population était terrorisée. Qui était ce monstre ?

Avec toutes les enquêtes et les informations qui filtraient sur cet événement, on en oublia tous Volker et ses petits amis. La population était ébranlée : ils avaient touché aux enfants du pays. A la chair la plus innocente qu'il pouvait exister sur cette planète. Comment avaient-ils osés ?
Pourtant, il n'y eut aucune rébellion ou mouvement de foule, au contraire. Les gens restaient cloîtrés chez eux, sans rien de plus. Certains avaient même fait appel aux cours par correspondance pour ne jamais voir leur progéniture fouler le sol de ces rues. Moscou était devenu une ville où la peur était le sentiment qui animait le plus les petites gens. Si à Central les hommes et femmes d'affaire n'avaient cure de tout cela, ce n'était pas le cas des autres quartiers.

L'inspecteur que j'accompagnai me signifia qu'il ne valait pas mieux que je m'emmêle. Magda était morte de chagrin lorsqu'on lui annonça que très souvent, les enfants mourraient dans les trois premiers dériels après leur enlèvement. Un ériel voir un ériel et demi après, il était sûr que Ciel ne soit plus de ce monde. Mon amie ne le supporta pas et je la compris étonnamment bien. Je n'avais rien à perdre et personne à qui je tenais, mais si une personne représentait dorénavant ma vie et tout ce que j'avais de plus cher, la perdre me ferait certainement vriller. Cet univers était sans pitié et nous étions trop fragile pour lui résister.

Cependant, tout cela me laissa sur le qui-vive. Depuis sa mort, je guettai à chaque coin de rue si je ne retrouverai pas un des mômes. J'avais mémorisé chacune des têtes et je me baladais toujours avec le fichier, sans nom, des disparut sur mon HUB. Je voulais absolument mettre la main sur un môme, peut importe qui c'était.
Comme si la Vie m'entendit, cela arriva bien plus tard. Du temps avait passé et on pouvait dire que je faisais chou blanc. Pourtant, je ne passais plus mes soirées dans les bars mais plutôt à errer entre tous les lieux où on avait constaté des enlèvements.
A cette heure-ci, la nuit était bien avancée et même si Moscou vivait nuit et jour, le centre commercial gigantesque de Piat était clos. Il n'y avait pas un chat qui traînait devant et le parking à étage était vide de chez vide. J'avais, en gros, choisi le meilleur endroit pour me faire agresser. Si j'arrivais à mettre la main sur un...
Sur ma droite, un mouvement attira mon attention. Les lumières des vitres pleines de publicités suffisait à éclairer la voie publique. La petite tête blonde que je discernai dans cette semi-pénombre me fit hésiter un instant. Cette fille était vraiment jeune. Je tournai la tête comme pour voir s'il y avait des parents qui se seraient précipités sur elle mais rien à l'horizon. Les mains dans les poches, je laissai la brise porter les quelques déchets volatiles qu'il y avait sur le sol « Hey mignonne, il n'y a pas tes parents ? » J'avais éclaircie ma voix pour que mes paroles soient audibles tout aux alentours. En effet, il n'y avait aucune réponse pas même de la gamine. Elle n'était pas loin, peut-être à six ou sept mètres. Je décidai alors de me tourner vers elle, pour doucement m'approcher « Que fais-tu ici toute seule... ? » Je m'accroupi à sa hauteur pour voir son visage. Il était tuméfié mais les bleus avaient l'air très anciens. De même, son regard était hagard, dans le vide et ses cheveux étaient coupées courts. Je n'aurai pas su dire si elle les avait raides ou bouclés. De toutes mes questions, elle ne répondit à aucune « Viens, allons vers la lumière. » Instinctivement je pris sa main, certainement par mimétisme des pères et mères que j'eu croisé, et me dirigeai vers un endroit plus fréquenté avec un réel éclairage.

Étrangement la petite fille se laissa faire. Au bout de quelques minutes de marche, elle se mit à sangloter avant de pleurer à chaudes larmes en braillant. Nous n'étions pas encore arrivé dans l'artère de Piat et je dû m'arrêter pour essayer de la calmer. Mon réflexe de policier aurait été de l'assommer et la porter mais ce n'était pas une ennemie et en plus c'était une gosse. Si je ne voulais pas la tuer sur le champs, c'était une sacrée mauvaise idée.
Seulement, malgré mes gestes maladroits et mes paroles vides, l'enfant ne se calma pas. Il fallu qu'un homme arrive dans la ruelle où nous étions, pour me reconnaître « Jasper ? Qu'est ce que tu fais ? », « Bon sang je ne sais pas quoi faire ! J'ai trouvé cette gosse devant le centre commercial et impossible de la calmer. Je ne suis pas doué pour être père. », « Qu'est ce que tu faisais là-bas ? », « Je faisais mon boulot de fouine. Ces enfants disparut me travaillent... », « Ouais, je comprends, c'est un peu pareil. Ma femme est nerveuse d'ailleurs, elle ne sort quasiment plus avec le petit. », « Tu m'étonnes. », « Tu l'as identifié ? Ce qu'elle est sale ! Et... Elle a l'air blessé... », « Elle n'a que des bleus, j'ai regardé. Non je ne sais pas qui c'est, attend je sors le fichier. » De mon HUB, devant moi, en visionnage public, je sorti la liste des disparus. Il n'y avait pas leurs noms mais il y avait leurs têtes.

Franck fini par la prendre dans ses bras où elle s'endormit, pendant que nous visionnions le fichier. Il nous fallut plusieurs minutes pour savoir qui c'était. En effet, elle n'avait plus du tout la même tête et même là, nous n'étions pas sûrs que ce soit elle. En réalité, nous avons fait par élimination.
J'éteignis cela et nous nous dirigeâmes vers le poste de police. Il fallait absolument la déclarer retrouvée, ça donnerait de l'espoir aux parents désœuvrés.


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Ruby
Révolté
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Age: 29 Ambriels
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Corpulence: Fine
 (#Mer 11 Avr - 11:34
La jeune fille était là, posée sur les marches d’une devanture à savourer son café chaud et une petite pâtisserie locale. Piat était vraiment sont quartier préféré, tant par ses habitants et leur état d’esprit, que par la nourriture que l’on pouvait y trouver. Elle se sentait heureuse, la dernière mission sur laquelle elle s’était lancée s’était très bien déroulée et rien ne pouvait venir assombrir le ciel de sa bonne humeur et de son sentiment salvateur de devoir accompli.
Elle était différente des gens normaux, elle l’avait toujours été. De toujours elle faisait passer les autres avant elle-même et rien ne pouvait la faire changer de mentalité. Elle avait réussi à s’en sortir, alors que d’autres ne le peuvent pas et certainement ne le pourront jamais, alors elle essaye d’aider un maximum de ses miséreux – du moins ceux qui en ont vraiment besoin, pas les parasites.
Les yeux perdus dans le vague, elle ne vit pas arriver l’homme de sa vie, Dan. Aussi, quand se dernier se posa face à elle, Ruby sursauta légèrement et leva la tête vers lui. Il la regardait avec un grand sourire empreint d’une profonde bienveillance, puis lui parla d’une voix douce :

« Bonjour jeune fille, encore en train de rêvasser?
- Oui, j’imaginais l’homme idéal et vous savez quoi ? Il vient juste d’apparaître... »

Il s’empourpra rapidement et avec un petit rire gêné, il vint s’asseoir à côté d’elle. La jeune femme lui tendit un café, qui patientait depuis quelque minute à ses côtés, et fini sa pâtisserie d’une bouchée :

« Il n’y en avait plus qu’une, mon chéri, et elle était tellement seule et triste, que je me suis sacrifiée pour la manger !
- Tu as bien fait coeur ! Tu sais bien que je fais attention à ma ligne... » dit-il en regardant les gens passer plus loin dans la rue, avec un sourire joueur sur le visage. Le jeune homme avait en effet un corps assez athlétique et n’avait jamais besoin de surveiller son poids. Une chance pour lui, une injustice pour elle.

« Roh, c’est vilain ça ! On avait dit pas de coups bas ! »

Il éclata d’un rire franc et joyeux en la prenant dans ces bras et en l’embrassant sur le front :

« Désoler ma beauté ! Tu connais le dicton : homme qui a faim…
- Ne reconnais pas son voisin, oui, je sais ! Mais bon, quand même…
- Je ne recommencerai pas promis. Bon, sinon pour parler d’autre chose : tu as vu la récente vague d’enlèvement dont parlent les médias ?
- Oui… C’est horrible.
- Ce qui est encore plus horrible, c’est qu’apparemment toutes les familles n’iraient pas voir la police de peur que ce soit trop dangereux, et attendent qu’on les contacte pour une éventuelle rançon.
- D’ailleurs, toujours rien de ce côté-là ?
- Non, toujours rien. J’ai juste peur que certaines petites frappes n’en profitent pour extorquer de l’argent aux familles les plus pauvres et les plus crédules…
- Si ça arrive, on s’en occupera. »

Elle venait de prononcer cette phrase avec tant de froideur, que l’espace d’un court instant, Dan n’osa plus rien dire. Voyant qu’elle était repartie dans ses pensées, il se leva et lui tendit la main :

« Rentrons. »

Les interminables escaliers qui menaient à la basse ville n’étaient jamais vraiment totalement éclairés à tous les paliers. Aussi, de temps à autre, ils étaient obligés de sortir une petite lampe torche afin de voir où ils mettaient les pieds, et c’est à ce moment qu’ils firent une drôle de rencontre : dans le coin de mur opposé des escaliers, une petite forme était recroquevillée en boule et se balançait encore et encore d’avant en arrière.

« Mon coeur, c’est…
- Oui, on dirait une petite fille ! »

Cette dernière ne semblait pas réagir à leur présence, elle continuait à se balancer sur ces petits pieds, le menton appuyé sur les genoux et les mains qui enserraient ces derniers. Elle hochait la tête de droite à gauche, en regardant le sol devant ses pieds et en chuchotant quelque chose d’incompréhensible pour les témoins présents.

« Bonjour ? »

La voix de Rubis venait de rompre le quasi-silence qui régnait ici, mais la jeune fille n’eut aucune réaction. Elle renouvela l'opération :

« Bonjour ? Tu es perdue ma chérie ?
- …
- Je m’appelle Madeline… Et toi ma grande ?»

Sa voix douce se perdit dans un léger écho, due à la résonance de ses escaliers sans fin. La petite, cependant, arrêta d’osciller, sans pour autant arrêter de chuchoter de manière inintelligible.

« Tu es perdue ? Où sont tes parents ma jolie ? »

La petite fille tourna la tête lentement, très lentement. Trop lentement. Quelque chose clochait et Dan posa la main sur l’épaule de Rubis : il avait un mauvais présentiment. Quand l’enfant finit de tourner la tête vers eux, en la penchant légèrement sur le côté, ils croisèrent alors son regard. Ces yeux exprimaient tant, allant de la peur à la colère en passant très certainement par la démence. Ils ne savaient pas ce qu’il lui était arrivé, mais l’enfant s’était certainement abîmée dans la folie afin de survivre. Puis le comportement de cette dernière changea imperceptiblement de prime abord, puis plus nettement. Elle regardait vers eux, sans vraiment les voir.
Quand Dan compris, c’était trop tard ! La petite se mit à hurler d’une voix suraiguë et sauta au visage de la hackeuse qui venait de plaquer ses mains sur les oreilles. Il n’eut qu’à peine le temps de tirer Rubis par le bras afin de laisser de la place entre eux et les escaliers pour que la gamine s’échappe ! Cette dernière sauta sur l’occasion pour s’enfuir en courant dans la pénombre des escaliers menant dans la basse-ville.
Rubis se releva.

« Pour… Pourquoi ?
- Que lui a-t-on fait subir pour qu’elle en devienne ça?»

Bien qu’encore sous le choc, elle allait bien si on passait sur les quelques griffures occasionnées dans la mêlée.

«Pas trop secouée ma chérie?
- Non, ça va... Je crois...
- Montre moi ton visage, il faudrait pas que ça s'infecte...»

Dans le lointain, on n’entendait déjà plus rien.


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