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FERMETURE DÉFINITIVE DU FORUM

 

 La grande réception [intrigue - OUVERT]

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Gouvernement
Fondateur
Date d'inscription : 14/02/2017
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 (#Mer 6 Déc - 11:12


Le grand bal
Ambriel 1201 E6 Q1 D3


Alors que vous pénétrez dans un grand hall à la décoration ouvragée et très raffinée, vous entendez une voix qui parvient à votre oreille « Je doute que cela soit un simple meurtre… ». Lorsque vous faites quelques pas, vous entendez autre chose « Il s’est suicidé. Je ne vois pas d’autres solutions… Il avait tout pour lui ! » Même quand vous tenez ce verre dans vos mains au buffet vous ne pouvez lutter contre ces chuchotements autour de vous « Et si c’était lui ? Regardez-le… Oui… C’est lui… Regardez ses mains… Du sang… Lui… Encore un… » Ces voix incessantes, ces phrases, tout se bouscule dans votre tête. Vous vous agitez, vous n’arrivez pas à rester tranquille. L’envie de tous les faire taire vous assaille. Que cela vous ressemble ou non, une espèce de rage, palpable, se fait sentir. Vous êtes immobile et, pourtant, une odeur vous fait relever la tête. Lourde, chargée, métallique, vous ne voulez pas y croire, mais vous savez très bien. Vos chaussures imbibées d’un liquide gluant… Vous n’avez pas besoin de baisser les yeux pour comprendre, pour confirmer. Lorsque vous vous retournez, les invités de la salle de bal sont à terre, décharnés, en charpie, trônant dans leur propre sang. Le sol et les murs sont teintés de rouge. Le seul encore debout ? Vous. Et vous êtes taché de leur sang.

« Pardonnez-moi. » Vous sortez de vos pensées avec un léger sursaut. Vous mettez du temps à comprendre ce qui vous entoure, mais de ce que vous savez à cet instant, est que vous êtes au milieu d'une foule. Vous n’auriez pas dû vous laissez aller à la rêverie, mais vous voilà ici, au milieu d’un grand… Bal. Certaines personnes sont masquées, d’autres non. Vous sentez les gouttes de sueur ruisseler dans votre nuque. Le bruit se distingue peu à peu et vos oreilles bourdonnent, votre tête tambourine un moment avant de se calmer. Quand vous regardez en face de vous, une personne fait volte-face après s'être excusée de vous avoir bousculé. Ce rêve vous hante. Vous l'avez fait la nuit dernière, celle d'avant, celle d'encore avant et ce, depuis la tuerie de La Marche. Vos jambes tremblent légèrement et vous devez au moins vous asseoir pour calmer votre corps. Vous y êtes et quelque chose va se passer. Cette salle de réception est identique à celle de vos songes et vous craignez de perdre le contrôle. Un jeune valet passe à côté de vous, inquiet de votre teint si terne « Vous vous sentez mal ? Souhaitez-vous que j’appelle une ambulance ? » Vous savez qu’il n’y a pas besoin d’appeler les secours, car vous allez bien et à votre goût, vous avez un peu trop attiré la mauvaise attention sur vous.

Irina Volker a décidé de remettre les grands événements sociaux et publics au rendez-vous. La ministre a loué une grande salle au sein de la capitale russe et a convié tous les habitants présents à la grande manifestation, de venir dans un lieu un peu plus sécurisé et fermé, que la rue.  Elle-même, magnifiquement habillée et masquée d’un simple loup, a ouvert la danse avec un homme totalement inconnu qu’elle a présenté comme son cousin. Son discours était, encore une fois, très touchant, empli d’excuses par rapport au précédent désastre et également porté d’un espoir nouveau. Elle souhaitait mettre un terme à cette criminalité intempestive et avait pris ce cataclysme comme une provocation, un affront personnel. Irina s’est présentée comme une femme à la poigne de fer, mais également très déterminée. Elle se fait le devoir de protéger ses semblables et aime à les réunir dans de grandes conventions comme celle-ci.
Heureusement ou malheureusement pour vous il n’y a ici que des personnes de la haute. Vous remarquez rapidement que ceux qui font partit du gratin ne souhaitent qu’une chose : faire copain-copain avec Irina. Si beaucoup lui transmettent leurs condoléances et vœux de deuil, la plupart convoitent jusqu’à sa place. Malgré tout, dans cette cohue à l’allure précieuse, vous trouvez, un peu éparpillé, des inconnus qui n’ont pas leur place ici… Comme vous. Ils n’arrivent pas assez à se fondre dans le moule, dans la masse et cela vous permet de les repérer. Coup de chance ou de malchance ? Ce que vous savez c’est qu’ils sont beaucoup plus qu’ils ne devraient l’être et c’est étrange, car quand vous lorgnez l’entrée, la sécurité ne laisse bien entrer qu’un certain type de personne. Tous, sauf ceux qui ressemblent à des gens simples.

Déroulement du RP
Explications


BONJOUR À TOUS MES PETITS ENFANTS CHÉRIS !!!

Voilà un RP D'INTÉGRATION ! Comme j’aime les appeler hihi  Very Happy  Tight Hug

Alors le pitch : Vous voici un ériel plus tard, après le RP unique de La marche (a lire >> ici <<). Comme vous le voyez, vous n'êtes pas vraiment dans votre élément. Un mauvais rêve vous assaille depuis plusieurs jours, de manière régulière et lorsque vous voyez le décors similaire, ça vous met mal à l'aise. Votre challenge sera de justifier votre présence ici. Elle peut être fortuite ou volontaire, ce qu'il faut c'est que ce soit un minimum cohérent ^^ Il faut comprendre que, que vous soyez aisé ou mendiant, il y a une raison qui vous a fait passer cette porte et défier la sécurité. Pour paraître plus crédible vous pouvez avoir acheté des habits de marque, être du milieu, avoir grugé simplement ou même autre chose ! C'est vous qui voyez ! Alors oui ça va certainement être compliqué pour certains, mais c'est ça la beauté du RP c'est de justifier des situations délicates héhé et comme ça vous êtes complètement légitime Very Happy
Pour le moment vous participez normalement aux festivités, vous goûtez au buffet si vous le souhaitez. Ce sont vos posts d'introduction où vous mettez votre propre histoire en place. Vous pouvez déjà rencontrer des PJ sans problème et pouvez poster plusieurs fois. Je posterai dans quelques jours pour faire avancer l'histoire =)

Il est interdit de poster deux fois d'affilée avec le même compte. Si personne ne poste, le staff relancera le truc.

Ce grand RP, qui va se faire sur deux mois IRL, va vous permettre d'interagir entre vous. Pour cela, et comme c’est important de savoir les règles, je vous renvoi à >> ce-sujet << dans la partie MULTIRP pour savoir exactement quoi faire et à quoi ça sert. Attention cependant, ce n'est pas parce que nous le laissons ouvert deux mois que le Bal se déroule pendant 2 looooong mois xD Le truc va durer une nuit tout au plus !

Essayez un maximum de ne pas vous snobber les uns les autres. Vous pouvez danser, vous rentrez dedans, faire ce que vous voulez du moment que ça créé du lien  cuddle
Ceux qui ne respectent pas ça se feront taper sur les doigts  Evil or Very Mad

Date limite : 10 février 2018

Si vous avez des questions : MP Jasper.

Bon RP o/

Récompenses
gains par messages


Pour les gains ils se déclineront en plusieurs parties. Ce sera en fonction du nombre de message que vous ferez sachant que tous vos posts doivent faire minimum 500 mots pour être éligible aux gains ^^

Ne vous formalisez pas : les gains sont susceptibles d'être modifiés d'ici la fin du RP. Je suis encore en pourparlé avec moi-même donc je vous donne déjà un prévisionnel XD

3 messages : 10 Den'g OU un petit objet non-technologique
7 messages : 25 Den'g OU un commutateur - objet vous permettant de recevoir des communications téléphoniques directement dans l'oreille (amovible)
11 messages : 40 Den'g OU un objet technologique important (pas d'implant)
15 messages: 60 Den'g OU un PNJ suivant

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Anya
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 (#Mer 6 Déc - 20:40
Ses parents s'étaient très clairement opposés à sa décision. Une fois pas deux. Mais pour la petite tête de mule qu'était Anya, ce n'était pas suffisant. Ces barbares sanguinaires ne frapperaient pas deux fois. Surtout à une réception qui serait surveillée cette fois. Des arguments qui avaient laissé ses parents mi-figue, mi-raisin. Mais leur fille n'était pas sans ressource non plus. Elle invoqua ses atouts pour faire pencher la balance en sa faveur. Ils portaient les noms de Boris, Grigorii et Pietrov. Bien entendus, que des garçons de bonne famille, traduisez plus qu'aisés, qui avaient excellente réputation, et avenir prometteur. Ils étaient dans des domaines différents de celui d'Anya, surtout dans la politique et les finances, mais ils se connaissaient tous depuis l'enfance. Pour les parents de la petite tête bleue, c'étaient un peu des personnes de confiance, des "amis" de leur fille. Pour Anya, c'était davantage des relations bien utiles que des amis, même si elle avait de l'affection pour Boris.Grigorii et Pietrov étaient un peu trop intéressés à son goût, voir même carrément lourd. Mais cela n'avait aucune importance. Pour papa et maman, il y avait quelqu'un pour veiller sur leur précieuse petite fille.... Qui n'était absolument plus petite, mais ça ils avaient un peu trop tendance à l'oublier au goût d'Anya. L'important c'est qu'elle avait carte blanche pour y aller.

C'était quelque chose de très important pour Anya. Elle avait été personnellement là lors du drame. Elle l'avait vécu, et elle avait fait parti des chanceux qui s'en étaient sortis indemnes. Mais tous n'avaient pas eu cette chance.... Et le contrecoup avait été sévère pour elle. Elle s'en était voulue de ne pas être restée sur place, de ne pas avoir prêté main forte aux secours qui avaient été envoyé sur les lieux. Des gens auraient eu besoin d'elle, c'était son devoir et sa vocation de les aider, de les secourir. Elle n'était peut-être pas encore assermenté médecin, mais elle avait très largement les compétences, l'expérience et les connaissances pour pouvoir prêter main forte dans les premiers soins. Elle aurait dû être là-bas.... Mais sur la panique et la confusion de l'instant, elle n'y avait pas pensé. Ces fous avaient tout gâché et détruit des vies.... Et pas que cela. Elle n'en avait parlé à personne, mais voilà plusieurs nuits que des cauchemars atroces l'assaillaient. Elle n'en avait pas fait d'aussi horrible depuis..... Depuis qu'il les avait quitté. Mais ici l'origine était tout autre. Et en elle-même, Anya était furieuse et indignée. Hors de question de laisser à ces montres le plaisir de lui avoir infligé un stress post-traumatique ! Ils ne méritaient pas d'avoir cette influence sur elle, ils n'avaient pas le droit de faire davantage de mal. Et elle avait bien décidé de battre le mal de front ! Cette soirée était comme une thérapie de choc pour elle. Et elle comptait bien la menait à bien, et avoir ainsi une victoire personnelle contre ces criminels !

Mais cela n'allait pas être simple. Si ne pas laisser la peur l'enfermer chez elle était une chose, dominer son subconscient en était une autre. Et se réveiller en sursaut suite à un énième cauchemar toujours aussi sordide qu'épouvantable, donnait le ton des événements à venir. Anya déglutit et prit une profonde inspiration avant d'aller s'assoir. Elle s'était excusée auprès du valet, prétextant que la chaleur lui avait fait un peu tourner la tête. Heureusement cela suffit à l'éloigner, et la demoiselle pu souffler un peu. La soirée promettait d'être une réussite, chaque chose était à sa place.... Ou presque. Anya évoluait en territoire conquis parmi le gratin de la haute société. Les connaissances et le réseau plus qu'important de ses deux parents lui avaient offert ce milieu si particulier où évoluer, et ce depuis sa plus tendre enfance. C'était tout naturellement que la jeune femme avait revêtu une robe de soirée hors de prix, tablant sur l'élégance et le raffinement. Bijoux assortis et coiffure soignée, elle était presque le stéréotype vivante de la demoiselle distinguée, chic et tendance. Une robe légèrement moulante sur le haut et fluide sur le bas, asymétrique et sans manche. Elle s'arrêtait au dessus du genoux, et arborait deux couleurs, du rose pâle et un blanc perle, presque satiné. Des couleurs claires et pâles qui s'accordaient avec la couleur de ses cheveux. Un maquillage de soirée donnait un peu de relief à son allure, même si son masque de loup digne d'un travail d'orfèvre tout en dorure et strass, ne permettait que l'on puisse l'admirer à sa juste valeur. Escarpin et petite pochette, tout aurait été parfait si ces cauchemars n'étaient pas venus la mettre dans tous ses états.

Tout va bien Anya ?

Boris avait remarqué le retrait de la jeune femme et était venu s'enquérir de son état. Sourire poli aux lèvre, son interlocutrice se fit rassurante.

Oui, ne t'inquiète pas Boris, j'ai juste eu un petit coup de chaud.... C'est étrange que Pietrov n'ait pas sauté sur l'occasion d'ailleurs....

Soit sans crainte à son sujet, lui et Grigorii sont en compétition pour s'attirer les bonnes grâces d'Irina.... Comme beaucoup de monde ce soir.

Ils pourraient tout de même la laisser respirer....

Je ne vais pas t'apprendre comment fonctionne notre monde Anya...

Hélas non.

Allons, ne laissons pas la morosité s'emparer de nous ce soir ! Je t'emmène au buffet éprouver quelques uns de leurs amuse-bouche. Cela nous donnera un excellent point de vue pour détailler un peu tout le beau monde de cette soirée et.... Les "autres".

Boris lança une œillade furtive et discrète vers l'entrée ou des gens d'un tout autre monde faisait leur entrée dans un milieu qui n'était pas forcément préparé à la cohabitation. Alors que le duo s'était placé près du buffet, et que Boris avait donné une autre flûte de champagne à Anya, il rebondit sur ses précédents propos.

Je ne comprends pas bien le choix de notre hôtesse. Pourquoi laisser ces "gens" venir ici après le dernier incident ? Il était suffisamment regrettable à mon sens pour ne pas réitérer l'opération.

Je pense qu'elle n'a pas voulu laisser la joie à ses détracteurs de justement instaurer un clivage à leur faveur. Diviser pour mieux conquérir mon cher. En agissant ainsi, nous seulement elle montre qu'elle n'a pas peur mais en plus elle offre une opportunité à des gens qui n'en auraient peut-être pas l'occasion, de la côtoyer l'espace d'une soirée.

Mmmh.... peut-être mais je ne suis pas complètement convaincu. C'est prendre beaucoup de risque tout de même. Enfin ce n'est pas à toi que je vais apprendre ça.... Cela n'a pas été trop dur pour.... ?

Ne t'en fais Boris, j'ai eu plus de peur que de mal, tout cela est du passé.

Tu m'en vois ravi. Ho, excuse-moi, j'ai des amis à saluer.

D'un signe de tête, Boris s'éloigna d'Anya, dont le regard vint se perdre distraitement sur ceux qui entraient dans la salle de réception.



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 (#Jeu 7 Déc - 17:44
LE GRAND BAL
JAEGER ( PARTIE I )

Cauchemar:
 

LE RÉVEIL

Jaeger ouvrit les yeux en sursaut. Il respira lourdement quelques temps, avant d'être finalement rassuré. Il ne s'agissait que d'un cauchemar. Il examina les lieux, se souvint qu'il avait passé la nuit dans cette ruelle de Piatnitskaïa. Par chance, personne ne semblait l'avoir trouvé, ou du moins signalé aux autorités. Il se releva, jura grossièrement. Son odeur était nauséabonde. Sa première mission du jour était simple : prendre son petit-dej.


- Qu'est-ce que ce sera ?
- Un whisky.
- À cette heure-ci ?
- Pose pas de questions et sers-moi à boire.

Le serveur s’exécuta tout en se retenant de l'envoyer pètre. Jaeger s'était installé au comptoir d'un petit bar modeste. Une télévision murale diffusait les informations, mais Jaeger n'en avait que faire. Tout ce qu'il souhaitait, c'était boire son verre, et seulement boire son verre. Néanmoins, il jeta un coup d’œil à l'établissement. Il y avait peu de monde, certainement les habitués qui venaient prendre leur tasse de café au lever du jour. Il fut finalement servi, donna l'argent qu'il devait au serveur, et prit sa première gorgée.
Un homme entra dans le bar et s'installa au comptoir, juste à côté de Jaeger. Costard cravate, lunettes noires, Case savait qu'un type comme lui ne venait pas dans un endroit pareil pour commander de la vodka.

- Vous devez être M.Jaeger.
- Il paraît. C'est pour quoi ?
- Nous savons que vous vivez actuellement une passe difficile.
- Ah oui ? Fit-il, sur un ton qui se voulait ironique. C'est pas comme si tout le monde avait la vie facile.
- En effet. Nous nous sommes renseignés sur vous, et nous sommes intéressés par vos services.
- Vous ne perdez pas de temps.
- Le temps est précieux. Inutile de le gaspiller. Avez-vous entendu parler du bal organisé par Madame Volker ?
- Si vous souhaitez m'engager pour jouer les valseuses, c'est non.
- Rien de ce genre, M.Jaeger. Nous aimerions vous compter parmi les agents de sécurité de ce soir. Nous savons de quoi vous êtes capable, et nous pensons que vous seriez un atout essentiel quant à la protection de nos invités.

Jaeger ne dissimula pas son hésitation, et avala le reste de son verre d'un cul sec.

- Pourquoi moi ? Je ne suis pas le seul mercenaire dans cette ville.
- Pour être tout à fait franc avec vous, nous avons besoin d'assurer la sécurité de Madame Volker mais aussi d'assurer nos économies budgétaires. Vous engager, vous, reviendrait à dépenser la moitié du prix d'un mercenaire renommé, car je n'ai pas besoin de vous rappeler que votre réputation est aujourd'hui au plus bas, et qu'une telle situation ne peut vous offrir une prime exorbitante.
- Hm. Ce ne sont pas mes compétences qui vous intéressent, mais le moindre coût pour les tâches ingrates.
- Il y a plus "ingrate" comme demande, vous le savez aussi bien que moi. Et parlons plutôt de rapport qualité/prix. Je pense qu'il n'y a pas de perdant pour quiconque qui investirait peu pour un produit de qualité.
- Parce que c'est comme tel que vous me voyez ? Un produit ?

Il prit quelques secondes avant de répondre.

- Je vous offre là une chance de montrer aux yeux des corporations que vous pouvez vous remettre en selle. C'est à vous de la saisir. Acceptez-vous mon offre, ou dois-je partir de cet établissement sans même me payer un verre ?


LE BAL

Jaeger était là, dans ce hall où dansaient bon nombres de personnes. Il essayait de cacher son malaise comme il le pouvait ; la pièce ressemblait étrangement à celle de ses cauchemars. Il était presque effrayé à l'idée de tomber sur Yorha, et de se rendre compte que cette fois, il ne s'agirait nullement d'un rêve. Il surveillait la foule, l'observait dans ses moindres faits et gestes, avec ce sentiment pénible... Comme s'il se sentait lui même observé.

- Couloir 3, Irina, fit un homme dans son oreillette.
- Salle du Bal, Irina, répondit Case.

Case ne savait rien de l'organisation se chargeant de la sécurité du bal. Il était maintenu dans l'ignorance, et cela l'importait peu. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il devait garder un œil sur le bal, et dire "Salle du Bal, Irina" toutes les cinq minutes. Si un des gardes manquait à l'appel radio, ils devraient alors interpréter ça comme un signal d'alerte. Au cas où il y aurait un pépin et un besoin de contre-attaque, on lui avait refilé un Spectrum qu'ils reprendraient à la fin de l'opération.
Jeager resta concentré sur sa mission, bien que la foule le déstabilisait quelque peu. Ces danseurs aux masques lui rappelaient fortement les danseurs sans visages. Parfois lui venait l'envie de se ruer au banquet d'apéritifs et se servir un verre pour s'apaiser, ne serait-ce qu'un peu. Mais on l'avait laissé prendre une douche, lui avait lavé ses fringues et lui avait promit une prime qui valait mieux que rien. C'était le moment ou jamais pour lui de se montrer digne, le moindre affront n'était pas permis.
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 (#Ven 15 Déc - 21:07
Piat : L’appart.

les draps trempés, la douleur l’avait sorti des bras de morphée. La jeune brune se releva brutalement, regardant ses mains tendues devant-elle. Elle voyait encore le sang dégouliner qui quelques secondes plus tôt y était présent.  

"Ce foutu cauchemar"

   Slown se leva doucement, posant sa prothèse en première. Au réveil, la douleur persistait quelques minutes, mais après un bon café et quelques bouffées sur sa pearl, sa gêne s’échappa. Se dirigeant vers la petite salle d’eau, elle ne pouvait s'empêcher de ressasser ses cauchemars. Une mare de sang, des corps déchiquetés, cette immense pièce redécorée au sombre rouge. Elle ne pouvait s'empêcher d’être terrifiée… Ce n’était pas elle ça.. Même si elle avait fait des choses pas toutes belles dans sa vie, elle n’aurait jamais pu provoquer un tel chaos. Certes, à ce bal il n’y aura pas que des visages amicaux, mais tout de même ils ne méritent pas ce triste sort. De toute manière, elle devait y aller. Irina Volker allait se présenter en public et il y avait informations à prendre.
La gamine ne s’était pas rendue à la Marche. Plus occupée à se rendre dans la basse ville pendant que tout le monde était occupé. Elle devait se trouver de la Transidine. Les quelques contacts qui lui restaient dans ce taudis, lui permit de s’en procurer. En tout cas ce qu’elle avait raté n’étais pas glorieux, en espérant que cet événement-là ne tourne pas comme l’autre.

  Après une douche bien chaude, elle enfila une longue robe noire, toute en sobriété, accompagnée de quelques accessoires pour le côté Rock’n Roll de la jeune femme.
 Elle ne voulait pas en râter une miette, se disant qu’elle enregistrera tout pour trier plus tard les informations importantes. Si elle faisait cela, ce n’était pas pour le plaisir de rendre public la vanité et la richesse de la première ministre. Mais tout d’abord pour elle, pour répondre à ces foutues questions qui la taraudent, même si elle aime se dire qu’elle ouvre peut-être les yeux, à ces gens qui suivent les idéaux corrupteurs des plus grands.



Tverskoï :  La Réception.

Slown n’était pas très à l’aise, loin de son milieu, elle avait toujours cette petite gêne lorsqu’elle était entourée du haut gratin de Moscou. Tous à baver sur cette femme, comme des petits chiens en quête de leurs nonos.
“ Quels bandes de focus.. Pensa-t-elle en observant la foule… Les femmes toutes plus soignées les unes que les autres, avec des robes qui valent dix fois l’appart de Slown.
La journaliste avait déniché un Loup, sobre et élégant.. Tout en noir, avec des plumes aux reflets argentés. Elle s'avança dans l’assemblée anonymement, prête à observer et archiver toute action. Lorsqu’elle regardait les détails de la salle, les flashs de ses cauchemars revenaient, pour se fondre dans la réalité. Ce majestueux vase aurait dû être en mille morceaux sur le sol. Cette estrade où la première ministre allait y faire son discours, aurait dû être ravagée. Un vertige, une nausée, ou juste un dégoût profond.

« Vous vous sentez mal ? Souhaitez-vous que j’appelle une ambulance ? »
  Un serveur tenant un plateau avait l’air de se soucier de son état.

Huumm.. Non, tout va bien merci, il me faut juste un remontant.”

   Elle regarda le plateau composé de flûtes de champagne que le serveur lui tendit. D’un geste ingrat, elle fit une négation d’un revers de main.

    " Il me faut un truc plus fort”  Lança-t-elle en se dirigeant vers le bar et en congédiant le garçon.

   “Un whisky, avec glaçon s’il vous plait  

   Pour une fois, elle avait été polie. C’était le moins du monde si elle ne voulait pas se faire remarquer. Presque écoeurée d’entendre un couple à côté d’elle vanter les bonnes actions et le mérite de la grande Volker.
“ Ouais aussi estimable que mes... pieds"   Murmura-t-elle sans que les idiots ne puissent l’entendre. Slown se dit que c’était le moment de la fermer si elle ne voulait pas tout faire foirer. La première ministre allait bientôt faire son annonce et elle attendra sagement que celui-ci ait eu lieu. Elle se consentit à observer les gens, accoudée au bar,  qui rentraient, cherchant peut-être des âmes différentes de l’idée qu’elle se faisait d’eux.
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Invité
 (#Mer 20 Déc - 14:19
Sortir de mes pensées a été comme de m'arracher un bras : douloureux. J'ai besoin de visualiser ce rêve morbide, en permanence. J'ai besoin de ressentir la même chose que ces énièmes cauchemars qui m'envahissent. Même si l'ambiance autour de moi est différente, je ressens une odeur de souffre, de mort, de désespoir. Quelque chose ne va pas et quand le valet me demande, je commence à suffoquer sans comprendre. Il reste là, les yeux fixes, la bouche béante, comme si sa surprise pouvait m'aider. Mais je me reprends en quelques secondes et arrive à prononcer quelques mots rassurants. Bien qu'il ne le soit pas, il prend tout de même congé, me laissant seule.

Je n'ai pas fait l'effort ou l'affront de mettre une robe. J'ai un pantalon noir en simili cuir, des bottes hautes en suédine grise et une chemise blanche avec un serre-taille souris brodé de fil noir. Des habits monotones, rien à voir avec la fâcheuse tendance colorée des bals, mais ça me représente assez pour me satisfaire. Déposant le verre que je tiens, sur un des guéridons de la grande salle, je met un moment à me focaliser sur mon objectif.
Quelque chose m'a attiré ici... Ou plutôt quelqu'un. Un allié précieux, connu de notre petit groupuscule et qui pourrait bien signer la fin de notre calvaire. Apparemment, Karl m'a dit qu'il était infiltré mais je ne sais pas quoi penser. Comment un moins que rien aurait pu se faire passer pour un richissime commerçant ou baron de l'immobilier ? Non, quelque chose cloche et je ne vais pas tarder à le découvrir.

En regardant autour de moi, j'aperçois autant de collègues que d'ennemis. Les vigiles et gardes de la sécurité, tournent en permanence dans une ronde aussi infini que les danseurs au coeur de la pièce. C'est trop tendu, ça ne va pas... Je me méfie. L'air est électrique et légèrement plus lourd que d'habitude. Pourtant, je suis dans la ville depuis assez de temps pour m'être faite à la foule et la gêne environnante. Je m'auto-suggère de laisser cela pour plus tard, n'ayant en aucun cas envie de passer pour une folle à me torturer la tête devant des invités qui n'ont pas à remarquer ma présence.

Je me glisse alors dans la foule, le bruit de mes pas ne s'entendant même pas. Si j'arrive à être assez discrète, je pourrai essayer de visiter un peu et comme ça...
Un tintement interrompt le fil de mes pensées et, machinalement, je tourne ma tête vers le fond de la salle. Par delà la piste, un homme annonce la ministre de l'intérieur et celle-ci fait son apparition. La musique s'est stoppée et plus personne ne bouge. Ne désirant faire aucune émule, j'imite le peuple et me fige, entourée d'un grand monsieur âgé et d'une jeune femme svelte. Je fais vraiment tâche, il n'y a pas à en douter ! L'un a un beau costume dans un tissu très soyeux et aux finitions parfaites, très certainement sur-mesure, et l'autre est vêtue d'une robe poudrée somptueuse, mettant en valeur une douceur s'approchant de la candeur. A côté d'eux, je suis la rustre des quartiers, la guerrière primitive qui refuse de porter autre chose qu'un pantalon en privilégiant confort et stabilité. Le superficiel est assez loin de moi il faut dire alors... alors pourquoi je me trouve encore ici ? Si mon contact était là, je lui aurai mis la main dessus depuis dix ambriels !

Je ne pouvais enlever à Irina sa force de parole. Elle était captivante quand elle ouvrait la bouche et, en un sens, très convaincante. Si je n'avais pas été victime de tant de malheurs, je suis persuadée que je lui serai tombée dans les bras. Mais ce n'est pas le cas et je vois dans ses paroles un ultimatum à ne pas prendre à la légère : la Basse-Ville va être à feu et à sang.

-Oh non... Non...

Il faut que je trouve Karl, il faut que je l'av... Je me fais bousculer par un couple qui ne daigne même pas me regarder. Visiblement, la foule s'est reculée à temps, mais pas moi. J'empiète sur la piste de danse et, dans le but de ne toujours pas faire de vague, me décale sagement. Mes yeux vivent, s'enflamment, je n'arrive pas à rester simplement planter là à regarder ces blaireaux festoyer. Mon foyer, mon domaine, ma pauvre vie va être réduite à néant dans quelques dériels et... Et tout le monde s'en fiche !
Pour l'instant, ma marge de manoeuvre était trop fine. Si j'agissais, je risquais de me faire attraper et mettre dehors sans plus de cérémonie. Si dans l'attente je peux essayer de connaître les on-dit et les rumeurs alentours, ça m'aiderait pour la suite.

Avec les mouvements de foule, je me rends compte que je n'ai quasiment pas quitter la jeune femme à la robe éclatante. Je l'ai vu accompagné et maintenant, elle est seule. Malgré tout, je préfère éviter de devoir lui renverser quelque chose dessus pour lui parler et profite simplement de me servir un verre au buffet pour attirer son attention. Après quelques secondes, c'est elle qui attire la mienne. Je ne peux pas m'empêcher de m'arrêter sur son parfum, ses bijoux, ses petits yeux bleus... De me statufier, devant elle, voyant en personne la vie que je n'aurai jamais. Une partie du monde s'écroule sur-le-champs. Je ne sais pas à quoi je m'attendais au fond, mais pas à ça.

-Je...

Quand j'ai parlé d'air candide tout à l'heure, je n'ai pas mâché mes mots. En fait, je ne peux pas lui en vouloir car elle même n'a pas l'air de se rendre compte de la différence. C'est un jeu silencieux, plein de regards, d'émotions, de cet arc électrique qui me traverse de part et d'autre. Je suis muette et pourtant j'aimerai lui dire mille mots. Il a fallu qu'un énième corps me bouscule une énième fois pour me faire revenir à la raison.

-Pardonnez mon impolitesse, vous ressemblez trait pour trait à une amie à moi... C'est troublant. Je me nomme Astoria.

C'était un mensonge mais je ne sais que dire en réalité. Et hors de question que je lui balance quelque chose comme 'vous représentez tout ce que je n'ai pas, on devient amies ?' car il était impossible que ce genre de personne soit dans mon cercle d'influence proche.
Une bousculade et je me rapproche dangereusement d'elle. D'un pas avisé, j'arrive à me décaler à temps et ne pas créer l'esclandre en faisant tomber qui que ce soit au sol.

-Décidément ici... Il faut être plus agile que ce que je pensais...

Déstabilisée, un peu déboussolée entre cauchemar et révélations inconscientes, je n'arrive pas à rester calme et sereine. Mes yeux regardent tout autour de moi, comme s'ils cherchaient la menace et j'ai besoin d'être rassurée mais, dans cet endroit inconnu, aucune chance que ça arrive avant quelques heures.


Juste une petite note pour dire que la fille en robe c'est Anyyya :3 Si t'as pas envie un bha tu me MP et puis j'aviserai XD
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Anya
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 (#Mer 20 Déc - 16:49
Anya était pourtant habituée aux bals mondains, autant blindé de monde que d'apparats tous plus beaux les uns que les autres. Mais celui-ci était particulièrement fréquenté.... Et pas forcément par des personnes fortunés qui étalaient à qui le voulait ce que l'ont faisait de mieux en matière d'esthétisme et de dernières trouvailles. Il y avait une véritable scission entre ces deux mondes. Elle se surprit à repérer tout de suite les costumes et robes bons marchés, comme s'ils étaient des évidences impossibles à rater dans ce décors d'ordinaire si lisse et parfait. Chose qui la contraria au plus profond d'elle même. Qu'elle fasse des distinctions, c'était encore une chose naturelle. Mais que cela lui soit aussi marqué, et presque violent la dérangeait. La différence entre "eux" et les "autres" était.... Trop palpable. Comme si des murs continuaient de les séparer malgré leur proximité. Comme s'ils n'étaient pas capable, les uns comme les autres, de réellement se mêler, avec bonne volonté et bienveillance. Elle en vint à se poser la question à elle-même. Était-elle réellement bienveillante et ouverte à ces gens, ou était-elle juste plus tolérante que la moyenne de ses congénères ? Elle n'avait pas de réponse immédiate à cette question, ce qui la chagrinait. Elle aurait aimé pouvoir se dire que c'était évident. Mais dans son univers de faux-semblant et de "courtoisie sociale" elle savait que la limite était parfois fragile.

Elle pris une inspiration silencieuse en observant donc ces personnes "communes", à la recherche des impressions que cette catégorie de la population lui inspirait. Ordinaire... Banal.... Sans prétention. Mais ce fut en voyant certains de ses sujets d'observations rire, apprécier le buffet, et tout simplement danser, que les ombres quittèrent ses pensées. Des gens communs peut-être, mais qui semblaient savourer avec beaucoup plus de plaisir et de sincérité les bons moments qu'on leur offrait. Bien sûr ils n'étaient pas d'or et de paillettes. Mais n'étant pas centré sur l'image qu'ils donnaient d'eux, ils se permettaient de vivre réellement l'instant... Pas comme elle qui n'était pour l'instant qu'une triste spectatrice, qui se contentait de regarder sans vraiment participer. Anya se dit que finalement, c'était peut-être bien eux les plus sages dans toute cette affaire. Malheureusement, elle doutait très fortement que ses compatriotes guindés n'en tirent la moindre leçon. La foule ondulait, et la demoiselle épousait ses fluctuations avec la fluidité de l'habitude. Une main vint se saisir d'une boisson à ses côtés. Si de base Anya était trop plongée dans ses pensées, son sourire presque attendri par les gens qui profitaient en toute innocence du bal, on finit par la ramener sur terre.

-Je....

Une voix féminine qui lui fit tourner la tête, et une personne qui se découvra devant elle. Comme dans un jeu de miroir, le bleu de ses yeux vint se poser dans celui de son interlocutrice. Elle se tourne alors complètement vers elle, observant un peu plus cette jeune femme. Malgré ses talons, elle se faisait largement dépasser, par une très jolie rousse, dont la crinière semblait vouloir flatter son visage d'une touche sauvage.... Sauvage.... C'était un peu ce que lui inspirait cette mystérieuse femme. L'expression de son visage, de son regard. Quelqu'un que l'on pouvait facilement imaginer effarouché, ou du moins passionné. Son apparence était à la fois très sobre, presque sévère, mais elle dégageait malgré tout une certaine élégance, propre sans être austère. Il fallait bien avouer que cette dame tranchait clairement avec les airs de fleur fragile que pouvait avoir Anya.... Mais son trouble avait quelque chose de rassurant pour cette dernière. Elle n'en connaissait pas encore l'origine, mais cela la rendait moins intimidante. Finalement, la tête bleue eu l'explication de cet émoi et même des présentations en primes. Anya lui adressa alors un sourire sincère et se voulut rassurante.

Vraiment ? J'aurais été ravie de la rencontrer, cela aurait pu être très amusant ! Enchantée Astoria, je m'appelle Anastasia.

Anya fut interrompue par un nouveau mouvement de foule, qui lui demanda une énième esquive de sa part. Visiblement, Astoria aussi était dérangée par cette mer de danseurs et de foule mêlée. D'ailleurs son aveu termina de la convaincre sur ses origines, mais pour la jeune femme, cela sonnait davantage sur une occasion d'en apprendre plus que tout autre chose. Elle lui répondit, toujours souriante.

Ne vous en faites pas, c'est une chose qui s'apprend vite. Dans ce genre de réception, on finit par danser que l'on le veuille ou pas. La seule chose qui diffère, c'est le partenaire et la piste de danse.

Elle ne savait pas si son trait d'humour allait faire mouche, mais elle aurait au moins essayé. Cette femme.... Astoria.... Avait un petit quelque chose de captivant. Peut-être cette flamboyante couleur rousse.... Ce mystère qui se dégageait, ou tout simplement son exotisme. Anya n'en savait rien mais pour l'instant ce n'était pas cela qui l'importait.

J'espère que vous appréciez la soirée malgré ce genre de petits désagréments. Cela reste une très belle fête. On peut y faire plein de merveilleuse rencontre et.... Juste ciel !

Anya ! Te voilà enfin !

....Et des retrouvailles moins désirables...

Si le sourire d'Anya s'était figé sous ordre de la bienséance, il avait perdu toute sa chaleur et sa sincérité pour quiconque s'attarderait à l'observer. Pietrov l'avait repéré, et dans l'impossibilité d'attirer l'attention d'Irina, il s'était rabattu sur une autre proie de choix. Le voyant arrivé, d'un bon pas qui plus est, Anya se sentit comme un animal pris au piège. Elle ne voulait pas le voir, et surtout elle ne voulait pas qu'il la dérange pendant qu'elle faisait plus ample connaissance avec Astoria ! Mais le balourd était déjà arrivé.

Je t'ai cherché partout, tu te cachais ?

Ho je suis sûre que si j'avais été plus proche d'Irina tu m'aurais aperçu.

Et cela avait été pour elle une excellente raison de ne pas chercher à s'en approcher. La situation devenait critique. Il allait lui tenir la jambe, faisant des prodiges dont lui seul avait le secret en matière d'ennuis et de conversations assommantes. La jeune femme décida de prendre les devant, et de bien signifier que s'il s'imposait, il n'était pas le premier et surtout par la personne prioritaire en cet instant. Elle s'empressa de reprendre la parole avant qu'il ne puisse en placer une.

Je te présente Astoria, avec qui nous avions une conversation captivante.

Mes hommages Madame, Pietrov Biemelkov. Salua platement Pietrov qui se moquait éperdument de cette bonne femme qui était actuellement entre lui et Anya. Il passa lui aussi à l'offensive.

Vous ne m'en voudrez pas de vous arracher l'une à l'autre pour une danse Anya ?

Horreur ! Anya retint son souffle et décida un coup de poker. Tout pour rester avec Astoria et ne pas danser avec lui. Elle posa son regard dans celui de son interlocutrice, son cœur commençant à s'emballer sous le suspense de la situation.

Uniquement si Astoria me refuse une danse. Après tout elle était là avant toi. Qu'en dites-vous ?

Elle espérait du plus profond d'elle-même que cette flamboyante rousse allait accepter son invitation, la sauvant de la compagnie d'un rustre, et lui offrant en plus l'intimité d'une danse. Son regard plein d'espoir scrutait avec fébrilité le regard d'Astoria. Elle retenait silencieusement son souffle.


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 (#Mer 20 Déc - 20:18

Une symphonie sous cloche. Un corps de basses, mêlant expirations, borborygmes et murmures accusateurs. Il ne semble pas préoccupé par l’enchevêtrement flamboyant de formes, mêlant éclats marmoréens et teintes éclatantes de rouge. Au rythme des pulsations de son cœur, les contours, lignes et détails se confondent et s’entrechoquent. Ils rendent à la plus indicible des visions, une forme de beauté que seules les défaillances de l’esprit peuvent magnifier ; Certains appellent ça, la créativité. Le paysage crépusculaire qu’il essaye a tout prix de deviner s’efface cependant, au profit d’une réalité, que le tout venant, chercherait probablement à fuir. Il est au milieu d’une scène de crime, encore empreinte d’une odeur de cuivre et de poudre.

Il observe le dantesque canevas de cadavres, avec un apparent détachement ; Une indifférence factice, qui occulte son hébétude. Ses constantes s’emballent, font pulser les veines de son cou et martèlent ses tempes. Il est incapable de bouger mais ce n’est pas ce qui fait surgir l’angoisse qui menace de le submerger - L’incompréhension est la véritable source de son état de stase. Aucun événement, n’est venu faire la jonction entre les premières minutes de la réception et ce résultat, sordide. L’œil du logicien refuse cette incohérence, se dérobe aux raccourcis faciles et aux aiguillages tortueux de la spéculation. Il rêve, il le sait. Entre les simulacres blêmes, striés, mouchetés de vermeil et de pourpre, un faciès se tord atrocement. Celui d’une femme, à moitié ensevelie sous les autres résidents du charnier. Ses yeux laiteux n’affichent plus les indicateurs conventionnels, ses iris semblent rivés au centre de ses globes oculaires ; Elle regarde partout et nulle part, non sans laisser la désagréable impression, de l’observer, en biais. Ses lèvres exsangues se déforment avec exagération, alors qu’elle prononce inlassablement la même chose. Le timbre de cette voix devient de plus en plus éraillé, distordu … Synthétique. Il se juxtapose sur une fréquence aigüe, vrillant ses tympans :

-«  Vous. Vous. Vous. C’est vous. Vous. Vous. Vous …»


- « C’est vous … »

La cacophonie fait place à la voix de son supérieur, Telits. Tout aussi désagréable mais certainement plus tolérable. L’homme s’est posté dans son dos, comme à son habitude ; Un sale pli pris dans les locaux de l’entreprise. Il peut l’apercevoir dans son champ de vision périphérique et saurait reconnaître sa silhouette entre toutes. Il déteste sentir ce fouille-merde souffler poussivement au creux de sa nuque, mais saura s’en accommoder après cette traversée onirique. L’acouphène continue de l’assaillir mais s’amenuise ; Trop lentement à son goût. Les pics lancinants parcourant la base de sa nuque, jusqu’au sommet de son crâne, ont laissé place à une forme de rémanence diffuse. L’index et le majeur pendus au derme ampoulé de son cou, il prend son rythme cardiaque. La pente part enfin à la déclive, lui autorisant un pivot vers le plus pertinent de tous les analystes. L’absence de ce visage n’éveille jamais le manque. Il a toujours cet air pincé ; Ce masque d’austérité que seule la suffisance vient parfois lézarder.

-« C’est à se demander ce qui vous échappe …  Mis à part l’habileté et la pertinence. »

Plus qu’un trait bilieux, il décoche aussi un sourire, des plus hypocrites. Juste ce qu’il faut de sucre pour rendre l’acidité acceptable. Il aura probablement à souffrir de cette bravade, mais ce qui lui est rendu vaut probablement tous les antalgiques du monde. Le plâtre s’est à présent affaissé, il laisse entrevoir une nouvelle structure, d’un rouge brique. Lyov n’entend pas le tonnerre gronder, mais voit dans le bleu habituellement atone de  l’œillade qui le braque, l’éclat de quelques fulgurations. Probablement un court-circuit des synapses, parce que ce bon vieux Telits n’a d’ordre général, pas la vivacité de l’éclair. Avec une aisance confinant à l’inconscience, il trouve le moyen d’abandonner son chef d’équipe sur pareil échange ; Laissant celui qui se veut régulateur de l’exploitation, plus dépouillé et misérable que les têtes de son troupeau. Une fois sorti de l’enclos, l’animal domestiqué retourne à l’état sauvage et regagne son statut de prédateur.

Il s’éloigne avec force, du solide noyau qui vient de se former autour de lui, déboutonnant un nouveau pan de sa chemise. Son blazer, si immaculé et ajusté soit-il, lui semble lourd et poisseux ; L’odeur prégnante et le goût métallique du sang, éveillent ses sens. Résidus persistant de ce "songe". Il salue le plus judicieux de ses choix, celui de ne pas avoir passé de cravate ; Sans artifices, il lutte déjà contre un nœud coulant. Il essuie foule de regards interloqués, lancé qu'il est dans sa seule et vaine quête : L'oubli. Ce qui ne peut-être formaté sur la partie logicielle, peut-être attaqué côté matériel. C'est à la volée qu'il dépouille le plateau d'une des hôtesses, portant à ses lèvres ce qui ressemble à s'y méprendre, à un soliflore. L'attrait des notables pour le design, ne les privait malheureusement pas d'un goût déplorable en la matière.


Depuis une dizaine de minutes, il écoute et observe la plèbe depuis un coin de la salle, plongé dans le fond de son "verre" vide. En proie à une forme de méditation contemplative. Il a pris soin d'enregistrer ce rêve, trop détaillé pour n'être qu'un simple recoupement d'informations assemblées de façon aléatoire par son éminence grise. Quelque chose cloche.

Ses iris d'un vert d'eau, voguent sur cet océan organique, bien animé ; A des lieues du ressac de chairs figées et brunies, échoué aux berges de sa conscience. Il ne parvient pourtant pas à établir de parallèle entre cette courte fiction et les éléments de son quotidien. Ce en dépit de nombreux rappels, de cette insidieuse impression de familiarité. Cette abjecte impuissance que l'on ressent lorsqu'un mot reste sur le bout de nos langues ... Forçant même les plus pertinents, à faire dans la divination. Son ressort à la frustration est maigre, il le sait, mais il refuse d'abandonner ... Pour une fois dans sa vie, l'instinct prend le pas sur le reste. Nul ne sait s'il a conscience de ne pas être seul, même pas lui ; Il ne se surprend pas moins, lorsque ses interrogations lui échappent :

-« Le sentiment de déjà vu, ça vous parle ? »


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Jasper Kovachev
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 (#Jeu 21 Déc - 13:45
Comme tout le monde, aujourd'hui était un jour off. Le commissariat central avait permis à la plupart de ses agents de se rendre à la grande réception de madame Volker, sans leur uniforme, de manière à décompresser. Je les en remerciais très chaleureusement car je n'avais aucune envie de jouer le bon petit policier aujourd'hui. Je voulais me détendre et éluder cette affaire de mon esprit. Nous étions tellement accaparés par le meurtrier des bas-fonds, que nous ne nous étions même pas rendu compte de l'ampleur des dégâts commis par les malfrats de la manisfestation. Le dernier ériel a été synonyme d'affolement, de folie et de bien d'autres mots faisant penser au stress et à la pression. Etrangement, on m'avait écarté de l'affaire Volker pour me recentrer sur le meurtrier, alors que je souhaitais mener les deux de front. Seulement, on m'avait bien fait comprendre qu'il fallait que je reste à ma place car j'étais sur un siège éjectable et que là-haut, ils avait la gâchette facile. Obéir et ne rien dire, l'histoire de ma vie !

Je me rendis vite compte qu'évacuer en allant boire un verre en ville de temps en temps ne suffisait pas., il fallait que j'aille cuver à un banquet (on se consolait comme on pouvait). Vêtu d'un smoking noir et blanc très classique, le même que je met pour les fêtes joyeuses comme les fêtes de deuil, je m'approchai du buffet. Les vertiges, liés aux réminiscences du cauchemar, étaient un peu plus présents qu'à l'accoutumé et je ne cessais de me dire que ce décors ressemblait étrangement au décor du rêve psychédélique que je faisais. Je ne me sentais pas concerné par ces songes au contraire, je me demandais s'ils n'essayaient pas de m'indiquer une piste… Si je pouvais faire mouche, surtout dans un jour sans uniforme, ce serait la promotion assurée pour moi !
Un valet interrompit alors cette analyse et je le rassurai : si je me faisais remarquer maintenant, s'en était fichu de ma montée en grade et de moi-même. Surtout que si le meurtrier se trouvait ici, je devais rester le plus incognito possible.

Pour une fois, personne n'avait lésiné sur le budget concernant la sécurité de l'évènement et ça eut l'avantage de me rassurer. Malgré tout, je devais me montrer sur mes gardes. Vu les agents, ça paraissait être des mercenaires et vu leurs grilles de prix habituelles, Volker avait clairement fait appel à une subvention de l’État pour l'organisation. Ça ne m'étonnait plus de voir le contribuable s'agacer de toujours devoir payer payer payer… Enfin, ici, ils profitaient de leur investissement. Car, actuellement, du prolétaire comme moi, y en avait pas mal ici. Je m'étonnais même de voir ce fossé des classes. Irina Volker n'était pas très connue du grand public mais derrière le rideau, de ce que j'en savais, ce n'était pas le genre de personne à faire ami-ami avec le premier venu. Cette attitude m'étonnait d'elle… Cependant, je ne pouvais pas la juger. Elle avait perdu son mari, ça s'expliquait surement par cela.

Le discours fit mouche dans l'assemblée et j'observai l'homme qui se tenait à ses côtés. Elle le présenta comme un membre de sa famille mais mon intuition me dictait que c'était autre chose. Pourquoi devait-elle légitimer la présence de son cousin ? Elle aurait pu le laisser dans la foule et danser avec plus tard. En tous les cas, je n'avais pas l'impression que ce détail chagrinait grand monde.
Lorsque la danse commença, je du me fondre dans la foule. La vrai chasse commençait. Si un quelconque suspect se baladait par ici, j'allais le débusquer en un rien de temps. Mes yeux, habitués à tant de monde, repérèrent un homme au fond de la salle. Il tira d'un trait son verre d'alcool, avant d'écarter son col de chemise, comme mal à l'aise. Je ne voyais pas son visage, mais son attitude m'interloqua. Avec un peu de chance, je tenais peut-être une piste…
M'approchant de lui en louvoyant entre chacun des convives, allant au gré des mouvements de foule, je fini par déboucher sur une impasse. Il avait tout bonnement disparu : ce qui renforça mon sentiment amer à son sujet. Mais il ne fallu pas quelques secondes pour entendre, dans l'ombre, la voix mystérieuse se laisser aller à des divagations. Etait-ce réellement un suspect ou juste un pauvre hère ? Cependant, ce qu'il dit ne tomba pas dans l'oreille d'un sourd et ce fut légèrement intrigué que je vins me poster à ses côtés « Et si ce n'était pas qu'un sentiment mais un signe ? » Mon visage, comme certain des convives, n'était que partiellement masqué. On distinguait les trois quart de mon visage, n'ayant qu'un quart de masque qui prenait également mon nez. Je n'allais pas l'inviter à danser, mais j'avais envie de rester quelques minutes ici « Pardonnez-moi, il semblerait que j'ai interrompu quelque chose. » Après tout, comme lui, je n'étais pas plus à l'aise ici qu'ailleurs et j'enchaînai « La grandeur de la salle me donne des vertiges et les convives ne sont pas des plus aimables. Je préfèrerai être derrière le comptoir d'un bar désert qu'ici. Mais les convenances sociales… Que voulez-vous ! Oh ! Pardonnez mon impolitesse, je me nomme Jasper. Jasper Kovachev, enchanté. » L'homme n'avait décidément pas de chance. S'il voulait être seul, j'allais très certainement lui gâcher une partie de la soirée.


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Ethan
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 (#Ven 22 Déc - 2:49


Le regard perdu dans la nuit, mes yeux vagabondent sans vrai but sur ces myriades de lumières moscovites. Ce que je revois en réalité n’est autre que ce liquide qui englue mes chaussures, ces cris et ces accusations...
Encore une fois… Comme toutes les nuits depuis un Ambriel ou presque.
C’est usant... définitivement usant.
Un des valets de la soirée me sort de cette vision un peu trop abruptement à mon goût. Je reste pendant quelques secondes à le regarder, encore un peu hébété, à essayer de comprendre ce qu’il vient de me dire. Voyant clairement qu’il attendait une réponse de ma part, je me ressaisis puis répondis la chose la plus logique qui me passait par la tête dans un pareil moment :

« Un martini blanc s’il vous plaît !
- Hum… Bien monsieur, pardonnez-moi, je vous l’apporte tout de suite... »

Dommage, je viens apparemment de répondre à la mauvaise question.
La plupart des invités sont déjà arrivés, certains d’entre eux dansent, d’autre boivent ou encore se régalent de l’immense buffet situé un peu plus loin.
Une fois mon verre en main, mon regard s’y perd alors que mes pensées reviennent une sempiternelle fois au même endroit :
Je veux attraper mon verre ? Je dois le faire de ma main gauche, pourquoi ? Car j’ai le bras droit en écharpe… Pourquoi ? Cause épaule douloureuse… Pourquoi ? Plaie presque cicatrisée… Balle de fusil... Journée du discourt de Volker. Bref…

Ceci dit, aujourd’hui j’ai mes réponses. Tout cela n’était qu’un écran de fumée, mais l’autre jour, je ne comprenais encore pas quels en était les enjeux.
C’était si simple et pourtant je ne l’avais pas vu venir, personne n’aurait pu à vrai dire.

La légitimité.

C’est « ça » qu’elle cherchait avec sa grande marche, gagner de la légitimité.
De la légitimité pour anéantir tous les misérables de la basse ville ; de la légitimité pour entamer une vendetta contre la « criminalité » ; de la légitimité pour établir une sorte de nouvel ordre saint de toute corruption dans Moscou - sans vraiment tenir compte des moyens utilisés pour y parvenir - soutenu par tous les benêts sans cervelle de cette populace triste et touchée en plein coeur!
Comme si les criminels, dont le but reste avant tout de gagner de l’argent contre un minimum de risques, allaient comme ça en plein jour, tirer à tout va dans une foule en faisant plus de dommages collatéraux que de réels dégâts chez leurs cibles. Alors qu’un groupuscule armé comme celui-là aurait aisément pu assassiner la ministre et toute son équipe.
Même le plus idiot des dealers pourrait prévoir les répercussions d’un tel acte sur les siens !
Ils sont même prêts à tirer sur un civil pour atteindre un terroriste et surtout s’assurer par la suite qu’il ne s’en sorte pas…
Une mascarade montée de toute pièce, comme cette soirée d’ailleurs...

Il faut que je bouge, cette douleur lancinante dans l’épaule me tiraille et je dois penser à autre chose. Je me dirige alors lentement vers le buffet, vide mon verre et le pose sur le comptoir en passant. Tout semble si délicieux, malgré que la plèbe y ait déjà fait une razzia. J’attrape délicatement par le bras un des garçons de salle :

« Pardon de vous déranger, il y a-t-il des plats sans gluten mon brave ?
- Oui bien évidemment, malheureusement ils se situent à l’autre bout de la table… Voulez-vous que…
- Non merci, c’est gentil.
- Avec plaisir. »

Je tente de me diriger vers l’endroit désigné lorsque l’hôtesse du bal fait son entrée. La plupart des invités prestigieux tentent de se faire voir chacun leur tour, puis vient le moment du discourt :
Simpliste et tristement attendu, mais efficace au vu de l’engouement qu’il réussit à susciter. Pourtant elle ne fait que répéter les informations que les médias avaient déjà diffusés, avec la détermination d’une main de fer dans un gant d’acier. Subtil et délicat. Elle en profite aussi pour présenter son nouvel amant du moment, ou un quelconque associé privilégié - ce qui revient à peu près à la même chose politiquement parlant.

Tout en me servant une assiette de canapés variés, je regarde autour de moi. Je me rends compte que bien trop de gens différents sont ici. Si je n’étais pas parano, je croirais peut-être que c’était par pure bonté de coeur qu’elle nous avait invités ici ce soir, la plupart d’entre nous étant très certainement à la marche…

« Quel est donc le but de cette soirée Volker, que vas-tu nous faire cette fois... »

Par mégarde, je me rends compte que la dernière phrase fut pensée tout haut ! Je m’empresse de mettre un petit roulé au fromage dans ma bouche en n’espérant que personne n’ait vraiment fait attention à moi, ou en tout cas, pas trop.


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 (#Ven 22 Déc - 18:58


La réception.


Ce goût d'amertume dans la bouche, ce ressenti de déjà vu, ne lui quitta pas l'esprit une seule seconde. Quelque chose se tramait et la jeune fille espérait en trouver la raison.  Entre les tulles des robes, les chaussures bien cirées, les diamants qui resplendissaient. La réception battait son plein, visité par la foule de toute origine. Mêlant une population qui avait ses habitudes et une autre qui découvrait un cercle inconnu, les classes sociales se mélangeant en restant bien distinctes… certaines barrières étaient inévitables et le fossé qui se creusait été bien visible. Slown n'était pas là pour admirer cette foule ébahie par un seul sourire. Elle était là, pour ce sourire. Enfin plutôt ce rictus sûr de lui, qui laissait paraître un faux dévouement à ses admirateurs. Un semblant d'intérêt identifiant des doutes et des incertitudes.
Certes, le maigre discours de présentation prononcé par la première ministre, entre le recueil et l'espoir, avait pour objet de rassembler les citoyens dans leurs convictions. Voulant liguer les mentalités contre les névrosés, les détritus de la basse ville. Seulement pour cacher les réelles causes des vrais problèmes, il fallait trouver une mascarade pour atteindre leurs objectifs. Ce que Mme Volker avait réussi à merveille. La présentation de cet inconnu qui avait été justifié par un lien de parenté quelconque, semblait louche pour la journaliste. Elle prit le temps de l'analyser, d'enregistrer les traits de son visage. Paraissant mal à l'aise et peu enclin à toutes initiatives envers le public, cet homme ne paraissait pas à son habitude dans ce genre d'événement.
La grande dame ouvrit le bal accompagné de ce personnage. La musique entonna ses premières notes, résonnant par l'immensité de la salle, les couples se formèrent. Un carrousel de grâce se forma tout autour du premier couple. La foule se densifia sur la piste de danse, mêlant les rires, les pas qui s'emboîtaient, les bras qui valsaient, pour accompagner une mélodie enivrante.

Scannant le reste de la salle, le buffet où la brune s'était approchée pour avaler quelque chose, n'était pas autant peuplé. Il y avait bien quelques talons et ports de têtes qui étaient restés pour s'abreuver, mais la majorité virevoltaient  tout autours de la célébrité.
Perdue dans ses songes, ne sachant quoi trop penser de cette mascarade.


« Quel est donc le but de cette soirée Volker, que vas-tu nous faire cette fois... »


C’était la question qui venait et revenait dans sa tête. Etant persuadée qu’aucun mot n’était sorti de sa bouche, son regard tomba sur un jeune homme qui sirotait un verre à quelques pas d’elle. Toutes les autres personnes qui l’entouraient été plus occupé à déblatérer sur la robe de la voisine, ou à juger les entrées et sortis des uns et des autres. Cet homme à l’allure digne et élégante, avait l’air préoccupé de la situation autant que la jeune femme.


“ Si je peux me permettre, votre ressenti n’est pas des moindres. Cette question me taraude également l’esprit. Et j’ai bien l’impression que je ne suis pas la seule.”




Posté derrière le jeune homme, ses paroles avaient été lancées d’une façon calme et réfléchis. Ne voulant laisser paraître aucune alerte dans sa voix, Slown avait appris à être intransigeante en public. Bien que la situation la préoccupait, sa présence d’esprit restera sa meilleure porte de sortie. Comme elle l’avait remarqué, plusieurs personnes avaient l’air aux aguets, n’étant pas dans l’entrainement du bal, un ressenti commun se fit parcourir dans l’assemblée.

Un frisson lui parcourut la colonne vertébrale, mais se ressaisissant, elle daigna offrir un fin sourire au garçon posté devant elle.


“Slown, Slown Vulgha” lança-t-elle, en levant son whisky d’un revers de poignée.

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 (#Dim 24 Déc - 9:55


Le grand bal
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Le bal allait bon train. Les invités parlaient autant qu'ils dansaient et madame Volker fut satisfaite de cette ambiance chaleureuse. Les différentes classes sociales étaient présentes, ce qui piqua sa curiosité. A l'étage, dans l'ombre, elle interpela un homme de main d'un claquement de doigt, qui vint immédiatement à sa rencontre « Madame ? » - « Boris, avez-vous laissé entrer les cibles, comme il se devait ? » - « Bien évidemment. Le petit peuple fourmille dans la salle et nous l'empêchons de se rendre aux étages. » - « Parfait. » D'un petit sourire voilé, elle posa ses yeux en amande sur la foule devant elle en léger contre-bas, scrutant chaque masqué. Une main sur sa hanche, ce fut d'un geste habile qu'elle lissa un pan de sa robe de couturier, avant de faire volte-face, sans que personne ne la voit. Il était temps de lancer le spectacle.

De la scène où se tenait la ministre et son cousin une demi-heure plus tôt, rugit une voix de chapiteau « Mesdames et messieurs, préparez vous à la Mascarade ! » Personne ne vit l'orateur, au contraire. Des gens en vêtements nobles, vêtus de chapeaux, de masque et d'attirail légèrement original, fit une entre tonitruante. La musique changea du tout au tout, plus vive et le convives arrêtèrent leur quadrille. Tous les regards étaient postés vers ce spectacle alliant surprise, ombre, lumière et une certaine forme de magie. Concept totalement inconnu de la nouvelle humanité, les acteurs faisaient jouer leurs implants et augmentations spéciaux, pour jeter aux yeux des gens des effets plus vrai que nature, coupant le souffle des plus crédules. C'était à s'y méprendre après tout. Les flammes paraissaient tellement réelles et pourtant, elles ne brûlèrent personne. De même, il y avait des projections de formes, de matières... Pendant vingt minutes, le public resta subjugué. Dans la pénombre de la salle cependant, des mains s'activaient sans cesse.

Une fois les artifices terminés, les invités applaudirent dans les cris de joie et d'amusement. C'était très réussi et un spectacle admirable. Les personnes les plus honnêtes et spontanées se permirent de siffler, créant alors, parmi les plus fortunés, une espèce de malaise temporaire mais palpable. C'était déplacé, mais personne ne dit rien. Lorsque les conversations allaient reprendre, un homme monta sur la scène, se présentant gaiement « Bonsoir à tous, vous devez me connaître sous le nom de Fitzgerald et je serai votre artificier. Un grand merci pour l'accueil que vous avez offert à ma troupe, qui ne tardera pas à revenir vous ravir. En attendant, des activités ont été prévues ! Pendant le spectacle, les femmes ont été affublées d'un ruban de satin vermeil et les hommes d'une petite broche. Cherchez bien, vous trouverez vos accessoires et pourrez les placer autour de votre poignet, de vos cheveux ou de votre ceinture pour les dames et de votre poitrail pour les messieurs. Le but est que les hommes gagnent le ruban des femmes. Les deux équipes s'affrontent et nous détermineront l'équipe vainqueur ! Cependant, la femme qui se fait subtiliser un ruban par un homme, a droit à un gage si celui-ci le souhaite. Bien évidemment, ne soyez pas trop fourbe, nous sommes avant tout ici pour profiter de la fête. Au son de la cloche, les jeux seront lancés ! » Dans un tour de passe-passe magnifique, il disparut. Il était évident que tous n'étaient pas obligés de participer. Plusieurs valets fendaient la foule pour récupérer les rubans des femmes souhaitant s'adonner à autre chose qu'à cette activité. Certaines pouvait même se mettre dans l'équipe des hommes si elles le voulaient et vice versa, mais c'était assez rare. Les dames en robe préféraient garder leur rôle. Une fois que les cinq valets atteignirent l'autre côté de la salle, la cloche retentit et la musique commença. A chacun de trouver sa belle.

Au bout d'un moment, les acteurs remontèrent sur scène. Les jeux allaient bon train, beaucoup dansaient également et lorsque le spectacle fut mis en place, rien ne s'arrêta. L'ouverture ayant déjà été faite, ils ne faisaient que combler l'espace visuel de leurs belles tenues, dansant sans cesse sur cette estrade surélevées, accompagnant les danseurs en contre-bas. Irina Volker avait disparut du tableau mais il n'était pas étonnant qu'elle fasse son apparition au milieu du jeu ou un peu plus tard. Les convives s'en fichaient, ils étaient là avant tout pour eux et non pour elle. Si certains essayèrent d'attirer son attention une heure plus tôt, ils devront réessayer plus tard dorénavant.

Dans l'oreillette et la lentille connectée des vigiles, des identifications physiques de personnes présentes furent envoyées. C'était des potentiels suspects à garder à l'oeil si quelque chose dérapait au cours de la soirée. Certains gars de la sécurité eurent la visite de Boris pour un léger briefing également.


Déroulement du RP
Explications

Suiiiiite o/

Alors Volker est dans la salle pendant un petit moment et puis comme vous vous occupez vous ne la voyez pas se retirer (sauf Case vu que c'est son job xD). Donc Irina n'est plus en visuel immédiatement, elle se tient dans l'ombre des balcons qui donnent sur la salle de réception, à l'étage.

Une introduction aux jeux est lancée et puis la première activité arrive. Comme j'ai marqué dans le texte, celles qui veulent basculer chez les hommes le peuvent sans problème.
Si vous ne voulez pas jouer pas de soucis, vous remettez votre broche ou votre ruban a un des valets qui passent dans la salle. De plus, vous êtes libre de danser, boire, manger, parler... Aucun problème  Exclamation

C'est un peu la misère pour le moment Case, mais plus tard tu auras ton moment de gloire , je ne t'oublie pas  Very Happy
En revanche tu n'entends pas la conversation d'Irina et Boris car Boris vous informe dans l'oreillette dès qu'il l'a en visuel donc vous gardez vos postes ^^

JE RAPPELLE que les membres peuvent intégrer le RP à TOUT MOMENT, même si j'ai posté déjà plusieurs fois avec Gouvernement !

Date limite : 10 février 2018

Si vous avez des questions : MP Jasper.

Bon RP o/

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Ethan
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 (#Mar 9 Jan - 13:00


J’avale mon petit four et manque de m’étouffer, je n’avais effectivement pas été assez discret. Après m’être raclé la gorge lentement, je me retourne pour faire face à mon interlocutrice, et ainsi voir à qui j’avais affaire. Une jeune demoiselle habillée sobrement, à l’inverse de toutes les volailles présentes ce soir qui jouent généralement à qui sera la mieux apprêtée. Son regard et son sourire se veulent sociables, mais sa posture indique clairement une tension et une nervosité relativement fortes.
Donc, cette jeune femme, se méfierait-elle aussi du déroulement de la soirée ou des motivations premières de la diablesse sur son balcon ?

Je la regarde dans les yeux et la gratifie d’un léger hochement de tête :

« Ethan, Ethan Romanov. Enchanté... »

Je grimace légèrement.
Le fait d’immobiliser le bras droit contre mon torse m’empêche de le bouger et ainsi rouvrir la plaie, mais malgré ça, rien n’empêche n’importe quel autre imbécile présent ce soir de me bousculer en voulant prendre à manger dans le buffet… De ma main valide, j’attrape son poignet que je serre fortement :

« Vous devriez faire plus attention à ce qui vous entoure mon brave, plutôt qu’à ce que vous pourriez ingurgiter.»

L’homme me regarde et va répondre sèchement, quand il s’aperçoit de l’état de mon épaule. Balbutiant quelques mots d’excuse entre deux canapés, l’étranger s’éloigne rapidement afin de rejoindre un quelconque congénère.

Alors que nous allions reprendre la conversation, les lumières s’éteignirent pour laisser place à un court silence. Je me retourne alors dans la même direction que Slown :

« Je crois que nous n’arriverons pas à discuter pour l’instant, ma chère… » dis-je d’un ton faussement amusé essayant, par là même, de dissimuler mon anxiété.
Je regarde tout autour de moi dans cette obscurité et reste à l’affût du moindre cri. Pour le coup, si de réels détracteurs de Volker voulaient s’en prendre à elle, cette soirée serait tout simplement le meilleur choix. Si quelqu’un venait à ouvrir le feu dans cette salle, alors entre le décor et les costumes maculés de sang, nous ne serions plus tout à fait éloignés de cette vision qui se rappelle, sans cesse, à mon bon souvenir. Ce serait un véritable carnage, bien pire que celui de la marche.

Une silhouette sombre passe devant moi et commence à toucher le pan de ma veste. Immédiatement, je pose la main valide sur mon porte-feuille alors que la silhouette rigole de ce geste inconscient avant de disparaître. Je tâte alors du bout des doigts et me rends compte qu’il a accroché quelque chose : une sorte de broche.

Après l’intervention de ce Fitzgerald, une partie des lumières reviennent et les gens reprennent leurs danses. Je me retourne alors vers la jeune demoiselle :

« Si l’on danse, il sera simple de tenir un œil sur à peu près toute la salle, ainsi que sur les balcons, mais il sera difficile de discuter. En revanche, si l’on se replie de cette masse - dans un endroit plus ou moins calme - il sera simple de discuter, mais difficile de voir ce qu’il se passe ici…»

Je la regarde attentivement, lui offrant un sourire sincère :

« Du coup, voudriez-vous que l'on se mêle à la foule ou, au contraire, rester en retrait ? »

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 (#Dim 21 Jan - 14:41
Sa voix était comme un bonbon qui fond sur la langue, inondant chaque papille d'une douceur innommable. Je ne sais dire si c'était un rôle, un masque, un personnage où si elle est réellement comme cela. Si cette inconnue ne reflète rien que son propre esprit, caractère, alors le monde était en train de perdre un joyaux au milieu de la boue aristocratique. Et j'en déplore déjà la perte. Seulement je ne peux sauver quelqu'un comme elle de cet univers, sans la souiller de ma fange toxique. Nous ne sommes pas du même monde même si nous vivons sous le même ciel, et se comprendre pourrait être une épreuve à elle-seule.
Alors restons simplement polies.


Anastasia. Mes hommages...

J'incline légèrement la tête, en signe de salut et de reconnaissance. Je ne sais que faire et mon attitude brusque, entière, presque masculine, n'aide en rien la situation.
L'inconnue me rassure en m'indiquant que rien que le fait d'assister à ce genre d’événement était une danse en soi. Il fallait se mouvoir pour éviter les convives, suivre les mouvements de foules, êtres agile et alerte sur ce qu'il se passe autour. Je le suis mais d'une manière très... personnelle.
En attendant, l'ambiance avait changé et je ne fais plus attention aux bruits et mouvements venant d'ailleurs. Ma concentration, sur la voix de la noble, était complète.

Sans vous contrarier, j'espère ne pas remettre les pieds ici d'un moment. Les moyens mis pour l'occasion sont dignes de la ministre, mais je ne comprends pas ma présence à la fois voulue et rejeté...

Notre présence. Car je ne suis pas seule. Des gens de toutes les classes sont réunis ici et très franchement, je doute que Volker souhaite propager un parfum de mixité et d'indifférence du rang ou de la classe sociale. De toute manière, même si elle le voulait, chacun était trop dans sa bulle et son confort pour aller vers l'autre. Je pense qu'à aujourd'hui, nous les démunis, sommes les plus téméraires. Nous n'avons rien à perdre à aller vers un nobliaux ou une personne qui pèse dans ce monde. En revanche eux... Ils ont l'impression que si nous les touchons, nous entachons leur éclat. Si je me serai fait un plaisir de bousculer deux ou trois grosses dames, je n'ose cependant ébrécher la pureté qu'Anastasia m'inspirait. J'ai envie de respecter son intégrité.

Immédiatement l'ambiance change. Quelqu'un fait irruption dans notre petit tête à tête et se permet de nous interrompre. Anastasia ne prend même pas la peine de finir sa phrase, préférant encaisser l'arriver du malotru. Alerte d'un potentiel danger, je ne peux m'empêcher de me détourner, gardant une épaule devant la noble, comme pour prévenir d'un certain choc. Bien que je ne lui fais pas l'affront de la couvrir entièrement, je me permet cependant d'avancer d'un pas. Le missile arrive vite et fini par se planter devant moi, dédaignant ma présence, regardant à peine la silhouette qui compose mon être, avant de me contourner impunément pour se concentrer sur la petite.

Elle, elle change complètement d'attitude. Je peux sans difficulté voir la transition entre le chaud et le froid. La bienveillance et la bienséance. C'est quelque chose que je ne pensais pas discerner chez un noble un jour, mais ici ça n'a pas manqué.
L'échange entre les deux est cinglant et je me prends une balle perdu au passage. Si je préfère souvent me contenir pour ne pas faire d'esclandre, ici mon sang-froid se fait la malle au point où je fini par cacher Anastasia, poussant le type.

Ne vous forcez pas car en réalité, moi aussi je n'en ai rien a faire de vous. L'insignifiance porte votre nom et je ne lui accorde généralement aucun regard. J'ai d'ailleurs épuisé mon quota de parole pour l'ambriel à venir, bonne journée.

Mes yeux de feu finirent le travail. Cet homme n'était personne pour moi, et mon être le laisser transparaître de manière outrageante. La tension palpite dans mes veines et dans la folie du moment j'attrape la main gantée d'Anastasia, plus fraîche que la mienne, pour doucement la tirer de cette situation très inconfortable pour elle comme pour moi. Disparaissant très habilement dans la foule, laissant là le canard ingrat, je fini par arriver dans un coin d'ombre où je me réfugie avec la noble. Mon regard croise le sien et je dis :

Je vous l'ai dit, je n'ai pas l'habitude de ces événements. J'ai été trop dure, vous m'en excuserez mais je n'ai pas de temps à perdre avec ce genre de personne. Sinon... Vous désiriez vraiment danser ?

Je ne peux empêcher ce regard dur qui me caractérise et, en même temps, je n'en veux pas à Anastasia. Ce n'est la faute de personne si ce n'est de ce goujat. Mes sourcils raides finirent par se détourner de la jeune femme pour observer ailleurs. Les règles venaient de changer et je n'en n'ai pas pris connaissance. Les valets passant à travers la foule distribuent des rubans et des broches, proposant à chacun des convives s'ils souhaitent se prêter à l'activité ou non. Je prends instinctivement une broche et ma mine colérique disparaît. Un sourire en coin, contrastant avec mon air sévère, prend place sur mon visage. Je regarde le ruban qu'Anastasia a dans ses mains, avant de mettre ma broche. Je ne peux pas dire que je suis une prédatrice ou ce qui s'en apparente car je déteste ce genre d'attitude mais l'envie de jouer avec la petite faisait naître la curiosité au fond de moi. Voir comment elle réagirait, comment elle se comporterait...

Mes doigts s'emmêlent au ruban, avant de passer par les siens et sentir la douceur du tissu de qualité, pour revenir au ruban, dont elle est cependant toujours maîtresse. C'était joueuse, taquine, moqueuse, intriguée, curieuse que je lui demande :

M'en voudriez vous si je pars du constat que je vous ai déjà gagné... ?

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Anya
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 (#Mer 24 Jan - 1:18

Avec toute la sincérité dont elle savait faire preuve, Anya rendit son salut poli à Astoria, son sourire chaleureux semblant s'être définitivement incrusté sur son visage. Ou presque. Car lorsque son interlocutrice lui avoua espérer ne jamais remettre les pieds dans ce genre de bal, cela infligea un violent pincement au cœur à la petite tête bleue. Elle qui espérait si fort que les gens commencent enfin à se mêler et à se rapprocher, on lui rappela que cela était très loin d'être chose faite. Mais sa moue de chaton triste céda rapidement la place à un air bienveillant et déterminé. Elle posa doucement sa main délicate sur celle de la mystérieuse rousse et lui désireuse de la rassurer sur la situation dans un mélange de conviction et de douceur. Elle aurait voulu lui dire "Gardez confiance Astoria, j'imagine que la situation n'est pas la plus confortable du monde, mais cette réunion est un premier pas vers un brassage qui n'a déjà que trop tardé. Certains sont encore mal à l'aise, il y aura des maladresses, et certainement des fichues entêtés qui refuseront d'évoluer. Mais je suis persuadée que beaucoup n'attendent que de découvrir tout ce que l'autre à partager. Il est grand temps de briser ces barrières qui nous séparent. Je n'irais pas jusqu'à oser prétendre que les inégalités et les différences disparaîtront, ce serait beaucoup trop utopiste de ma part. Mais si rien que les regards sur autrui pouvait changer, si on parvenait à introduire un peu de tolérance et de bienveillance, ce serait un terrain propice à un cercle vertueux. Il faut bien commencer quelque part. Et je suis heureuse de participer à ce commencement. J'ai déjà une charmante rencontre à mon actif.".

Le tout en se contentant simplement de laisser parler son cœur. Elle aurait dévoilé ses aspirations, et peut-être même ce qui s'apparentaient à des croyances vis-à-vis des intentions qu'elle prêtait à ce bal. Bien sûr, elle se doutait bien qu'il n'y avait sûrement pas uniquement cela en jeu. Mais elle voulait sincèrement croire que ça restait une partie non-négligeable, si ce n'était majeure, des enjeux de cette soirée. Mais elle devrait attendre plus tard pour lui dire tout ce qu'elle avait sur le cœur. Car l'arrivée de Pietrov la coupa dans son élan, comme un fait exprès venu à point pour la contre-dire. A lui seul, il incarnait tout ce que Astoria pouvait légitiment reprocher aux gens du monde d'Anya. Autant dire qu'il n'y avait résolument rien pour épargner l'homme aux yeux de la fleur bleue. Comme dans une danse parfaitement rythmée, Astoria était venue s'ériger en rempart entre l'intrus et la demoiselle, et Anya s'était instinctivement légèrement décalée derrière elle, pour profiter davantage de la protection que lui offrait cette fleur rouge aux épines dressées. Cela dit, elle n'avait pas prévu l'offensive de cette rose, bien plus piquante qu'elle ne l'aurait cru. Car elle venait de rembarrer ce lourdaud de Pietrov avec l'efficacité d'une barre à mine sur un flan aux abricots. Celui-ci afficha un air si ahuri l'espace d'un instant, que Anya avait ramené la paume de sa main devant sa bouche pour contenir plus ou moins discrètement un début de fou rire. La main d'Astoria vint prendre celle d'Anya, qui la suivi sans se faire prier, trop heureuse d'avoir été si merveilleusement sauvée. Elle se targua même d'un sourire satisfait et d'un petit salut de la main à Pietrov, qui était resté comme deux ronds de flan écrasés.

Ce n'était pas tant qu'une femme du bas peuple lui parle de la sorte qui l'avait choqué, car il se serait simplement contenté de la mépriser au plus haut point. Mais plutôt la manière dont on lui avait enlevé Anya. Une parvenue qui lui prenait SA congénère ? Le noble bouillait et pestait dans sa psychée. "Qu'est-ce que cette sale rousse espérait ?" pensait-il. Il haussa les épaule et s'en retourna dédaigneusement, se disant qu'Anya se montrait trop charitable et perdait son temps à s'intéresser à ce type d'individu. Qu'elle se perdait trop à faire dans le "social". Il faudrait qu'il lui en touche deux mots plus tard en bon ami bienveillant... Mais pour l'heure Anya était à mille lieux de se douter de cela, trop heureuse de son sort. Lorsque sa sulfureuse jolie rousse s'excusa, le petit brin de femme ne put contenir un rire amusé en lui répondant enjouée.

Moi je vous ai trouvé splendide, vous lui avez rabattu son caquet avec une efficacité admirable. Après tout, on ne peut pas empêcher ce genre d'individu d'exister. Et si on doit faire avec, je présume qu'on peut s'accorder de les remettre en place de temps en temps. Cela ne leur fera pas de mal.

Anya savait parfaitement rembarrer les gens, mais elle avait souvent besoin d'avoir une excellente et indiscutable raison pour pouvoir le faire sans regret. Mais elle travaillait sur ce point, et ce n'était qu'une question de temps avant que la démarche soit plus naturelle et surtout spontanée. Lorsque Astoria lui demanda si elle voulait réellement danser, la réaction de la fleur bleue ne se fit guère attendre.

Hi hi, mais plus que jamais, enfin si vous êtes d'accord pour m'en faire le plaisir.

Anya lui offrit sa main, prête à se laisser mener. Elle affichait son air ravi, ne regrettant pas d'être venue à cette soirée. Elle avait commencé de manière peu agréable, mais elle allait de mieux en mieux au fur et à mesure que le temps passait. En parlant de passant, un valet passa déposant un ruban à l'une, tandis que l'autre se prit une broche. La jeune femme observait le ruban en se remémorant les règles lorsque les doigts d'Astoria vinrent la tirer de sa réflexion. Levant les yeux vers ceux de la flamboyante, cette dernière vint lui demander si elle acceptait d'être "gagnée". Le teint d'Anya se mit à rosir très légèrement, et elle s'étonna de cette curieuse et fugace gêne. Elle se sentie un peu prise au dépourvue, et répondit.

Ho ! Eh bien.... Je.... En fait... Cela dépend.... Quel gage me réservez-vous si vous me gagnez ?


Astoria avait cet air malicieux qui avait piqué au vif la curiosité débordante d'Anya. Est-ce qu'elle avait un petit tour en tête ? Et si oui lequel ? Pour cette petite fleur bleue, l'idée que cela puisse être quelque chose de déplaisant ne lui avait même pas effleuré l'esprit. Et puis elle préférait mille fois que ce soit Astoria qui gagne son ruban que ce gros balourd de Pietrov.... Elle se pinça légèrement les lèvres pour essayer de dissimuler un sourire malicieux grandissant, mais ce n'était pas forcément très efficace. Elle fixait à présent cette sulfureuse jolie rousse droit dans les yeux, impatiente de découvrir sa réponse.


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Jasper Kovachev
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 (#Sam 3 Fév - 13:48
L'ambiance de la salle de bal était anxiogène. Je n'étais pas habitué à tant de proximité avec des gens de la haute. Mon métier me permettait de rester humble, du moins l'estimais-je. Aujourd'hui, je ne voyais en cela qu'une franche mascarade. Je pense que j'étais exaspéré. Cet petit jeu du chat et de la souris entre nous et le tueur ne rimait à rien. Je pensais l'avoir entraperçu lors de l'émeute ils y a maintenant un bon bout de temps mais, à aujourd'hui, je ne saurai pas exactement si ce que j'ai vu était vrai ou si ce n'était que l'objet de mon imagination. Mon inspecteur ne dormait plus la nuit et tout comme lui, je me faisais un sang d'encre. Prendre du recul dans un moment aussi déterminant était très compliqué. Je n'étais bien sûr pas ici pour me détendre mais au moins espérais-je que le meurtrier ne soit pas ici et que je me change l'esprit.
A dire vrai, je m'en remettais à la boisson, une nouvelle fois.

Dans la foule, quelques têtes connues. De grands pontes éminents. Voyant que l'invité ne réagissait pas, je décidai de lui fausser compagnie silencieusement, le laissant dans son monde qui avait l'air d'être plus intéressant que le mien. La foule ne m'apportait aucun réconfort mais peut être pourrais-je trouver une présence intéressante ? Rassurante ? J'étais à un point où je pensais très clairement que j'apprécierai que quelqu'un se jette dans mes bras...
Mais mes yeux se posèrent sur un mouvement de foule qui eu lieu quand les lumières se tamisèrent et que le spectacle prit place. C'était très beau et chatoyant. J'adorais les effets spéciaux de la sorte... Je m'évadais le temps qu'il dura avant de revenir durement à la réalité de ce monde. Je n'étais plus aussi alerte qu'au début. Un bon moment s'était passé, les deux verres d'alcools commençaient à m'anesthésier et je décidai prudemment de m'arrêter là. J'étais conscient je pouvais bien évidemment parler et marcher sans refouler l'ivrogne à quelques mètres, alors autant ne pas pousser le bouchon trop loin.
Plus les minutes passèrent, moins je me disais que j'avais une quelconque affaire ici...

Lorsqu'on me remit une broche, je regardai autour de moi me rendant compte que je n'étais plus du tout à côté des mêmes personnes. La pièce était de plus en plus étrange, ce rêve qui revenait sans cesse réveillait également mes sens mais, pourtant, je me forçais à ne pas le laisser refaire surface. Même si je n'avais rien a me reprocher j'avais l'impression que c'était un signe prémonitoire.
Non, définitivement, je me prenais bien trop la tête, je ne savais plus quoi penser de tout cela et mes pensées commençaient à être vraiment contradictoire. Du renouveau me ferait du bien.

«Eh bien, il semblerait que nous soyons pris au piège dans un jeu qui n'est pas le notre... Je ne m'attendais pas à ce que madame Volker engage un animateur. Cette femme me surprendra toujours... »

Précision:
 



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