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 L'ode à la Joie ... Ou à la Boisson [Pv. Jasper]


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 (#Lun 4 Déc - 20:30
Fasciné. Hébété, peut-être. Il n'y a pas d'autres mots qui pourraient mieux définir ton attitude. Aucune suite de syllabes ne saurait mieux décrire cet homme qui reste là, à fixer avec insistance, pourtant avec cet air si distrait, presque lointain … Un fichu panneau lumineux au-dessus de l'entrée du bar, sous une pluie diluvienne qui t'a trempé jusqu'aux os depuis bien longtemps ! Celui qui fait office de videur, perdant visiblement patience à voir un passant fixer l'enseigne comme s'il avait pour la première fois vu la lumière, s'approche et te gâche la vue : "Hé, tu attends quelqu'un ? Ou tu comptes rentrer ?"

Comme s'il n'existait pas, tu réponds un vague "Il est mort. J'sais pas." Tout en continuant de fixer l'éclairage, au travers de la montagne qui gronde un "Quoi ?!", pensant que tu le prends pour un abruti. Tu sembles revenir un peu à toi et conclus ce semblant de discussion par un "Rien, désolé." Et reprends ta marche, t'éloignant du bar sans même y être entré. Le lendemain, tu repasses devant, hésites plusieurs minutes – cette fois sans te faire remarquer – puis repars, l'air toujours absent. A la troisième occurrence, c'est le patron du bar qui te voit et semble te reconnaître. Il te fait la discussion quelques minutes et comprend que tu n'as plus rien à voir avec le client dont il se rappelle. Cela ne l'empêche pas de t'inviter à entrer pour te payer un verre ; en souvenir du bon vieux temps.

Il est vrai que ce bar, tu le connais par cœur. C'était un peu votre endroit à James et toi, où vous retrouviez souvent vos amis. Repasser devant, après plusieurs ambriels sans y avoir mis les pieds, ne t'aura pas laissé indifférent. Un sentiment étrange, presque apaisant, te remplit petit à petit ; tandis que tu es assis au bar. Certains diront que c'est la nostalgie, d'autres que c'est l'alcool qui fait effet. Chacun son point de vue. L'important est que toi, tu t'y sentes bien ; comme libéré de toutes ces pensées qui t'envahissent en temps normal. Quelques souvenirs remontent de temps à autres, et parviennent même à t'arracher un sourire ou deux, tandis que tu enchaînes les verres.

Rentrant chez toi dans un état d'ébriété avancé, tu t'écrases dans ton lit et arrives en retard au travail le lendemain. Pourtant, cela ne t'empêche pas d'y retourner quelques deriels plus tard, restant cette fois plutôt sage. Tu ne sais pas si c'est l'ambiance, la boisson ou les souvenirs, mais quelque chose t'y fais te sentir chez toi.

Toujours assis à ta place préférée au bar, tu laisses ton malheur et la déviance de tes pensées se noyer dans ton verre ; pendant que tu regardes les nouvelles sur l'écran. Rien de très intéressant, mais bien suffisant pour t'occuper l'esprit.
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Jasper Kovachev
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 (#Mer 6 Déc - 16:57
Je passai la main dans mes cheveux, exaspéré par la situation. Le morceau de tissu que j'avais relevé lors de la catastrophe n'avait rien donné. En effet, le cheveu sur l'échantillon n'était dans aucune base de données connue des services de police. Je doutais que les forces spéciales daignent mettre leur nez là-dedans. Après tout ce n'était que des civils ! Eux étaient plus occupés à comprendre ce qui était arrivé à Dan Volker. Nous n'étions visiblement pas sur le même plan et la guerre entre la police d'État et les forces fédérales était justifiée. La chaise de mon bureau racla le sol froid et je décidai de terminer ma journée sur-le-champ. J'avais assez fait d'heures supplémentaires ces derniers jours et je commençai à en ressentir la fatigue. J'étais nerveux, agité et j'avais besoin de me détendre.
Avant de me lever, je consultai mon téléphone dont une sonnerie ponctuelle venait de retentir. Le message qui s’afficha dessus m’intéressa à peine. Une amie me disait de passer chez elle après le travail, mais, en réalité, j’avais envie de ne voir personne. Sans prendre la peine de répondre, je pris mon blouson brun et filai du commissariat.

Le bruit du monorail me berçait. Les sentiments que je ressentais étaient étranges. Je n’avais pas envie de rentrer chez moi, de m’asseoir dans mon canapé et de regarder cet écran démoniaque. Je voulais simplement oublier, passer du bon temps, avoir un semblant de vie sociale… Je décidai d’aller dans un bar à Piat. Ce quartier bougeait beaucoup la nuit et j’étais sûr d’y trouver de l’ambiance. Je n’étais pas sûr de vouloir y voir « cette » ambiance, mais ce serait mieux que rien, me disais-je. Je connaissais un bar un peu excentré de la rue des loisirs. Il se tenait à plusieurs bâtiments d’écarts des clubs et lieux de fête. Je ne m’y étais rendu qu’une seule fois avec des collègues et, depuis, n’y avait plus remis les pieds. Mais comme c’était le seul pub qui m’était réellement connu, je m’y dirigeai machinalement.

L’entrée était identique à mes souvenirs : simple et sans fioriture. Une enseigne lumineuse très douce affichait le mot « OUVERT ». En ouvrant la porte, je redécouvris l’ambiance cosy de l’établissement. Quelques couples étaient posés sur des banquettes au fond alors que ce qui ressemblait à des hommes d’affaires se tenaient plus vers le devant, sur des tables hautes. Feutré, c’était le mot. L’atmosphère n’était pas lourde juste intime, discrète. Cela avait un côté aussi malaisant que rassurant. Tout était très simple et de couleur très sobre. Seules les lumières légèrement orangées donnaient une allure tamisée à la pièce. J’aurais aimé venir ici avec une personne qui m’était chère, j’étais persuadé que l’on aurait passé de bonnes soirées « Bonsoir. » Le patron m’invita alors à entrer et je lui rendis sa politesse d’un signe de tête. Le petit courant d’air rabattit quelques mèches rebelles devant mon front, que je remis en place d’un simple geste de la main. Une place m’attendait au comptoir. J’aimais les appeler « les places des solitaires ». Nous n’étions qu’avec notre propre verre et le barman faisait office de figurant, de bruit de fond. Notre vie se résumait au liquide qui tournait dans ce récipient et tout à coup, elle n’avait plus réellement de sens.

Lorsque je me glissai sur ma chaise silencieusement, le type termina d’essuyer son verre et s’approcha de moi « Un whisky. » Il acquiesça et me sortit un verre, m’en mettant une petite dose. Machinalement je me tournai vers l’homme à côté duquel je m’étais assis. J’avais poliment laissé la distance d’un tabouret entre nous, mais sa mine à la fois fermée et pathétique me donna envie d’au moins être sympathique. Je me plaignais, mais il y en avait qui visiblement, touchaient le fond « Bonsoir... Je vous en paye un autre ? Vous avez l’air d’en avoir besoin… » Je trempai les lèvres dans mon breuvage ambré. J’adorai le goût malgré sa puissance. Les note fortes, mais fruitées « Je crois qu’en fait, on en a tous besoin. » Il y eut un silence gêné. Du moins de mon côté. Je ne pris plus le temps de savourer mon whisky et le tirai d’un trait avant d’en reprendre un qui arriva directement « La soirée commence réellement à partir du deuxième verre. Je ne sors pas souvent, mais j’en connais assez pour savoir que ce que j’ai à la maison ne vaut pas ce qu’il y a ici. » Il était vrai que l’alcool de ce pub était particulièrement fin et délicat si on tapait dans la gamme moyenne.

Nyaaaah:
 


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 (#Sam 9 Déc - 22:22
Tu ne l'as pas senti arriver, trop distrait par la vue de ton verre, et le brouhaha d'informations dans lequel tu cherchais quelques propos utiles. Pas même tu n'as accordé d'attention à sa commande. Pourtant, sa proposition suivante n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd !

Lentement, comme si l'on venait de te réveiller d'un songe, de te sortir de tes pensées, tu te redresses et tournes la tête, pour finalement lui faire face. Il fut un temps où tu l'aurais réellement regardé, observé, pour le plaisir des yeux sûrement ; pour que, bien évidemment, ton homme vienne te mettre un coup de coude et te rappeler qu'il existe ! Mais depuis une éternité déjà, tu as cessé de t'intéresser aux autres. Pas que ton narcissisme ait atteint des sommets, non. Tu es juste trop enfoncé, planqué dans ton trou et ta solitude, pour essayer de t'en sortir. Bien sûr que sa gueule d'ange ne te laisse pas indifférent, ce regard, ce visage … Mais à quoi bon, ne serait-ce qu'y accorder de l'intérêt ? Se faire encore plus de mal ? Tu es vraiment un cas désespéré Adam, tu sais … Alors, avec ton regard vide, figé depuis plusieurs secondes déjà, tu feins un sourire amical ; prends une inspiration nécessaire pour ensuite expirer l'air dans un "Avec plaisir." Rempli d'indifférence. S'il avait été encore là, James t'aurait traité de connard.

Tandis que ton verre s'en trouve rempli du même alcool que le précédent, tu entends ton voisin lâcher un nouveau commentaire. Est-ce un gloussement, ou une espèce de hoquet, que tu as en réponse ? Ton acquiescement est des plus déplacés, un petit sourire rempli de ton désespoir quotidien aurait suffi. Pas besoin d'en avoir une réaction nerveuse dans la foulée ! Pourtant, l'homme a raison. Si vous êtes ici, chacun seul devant son verre, ce n'est pas pour attendre vos amis et faire une partie de cartes. Pas pour toi, en tout cas. Et voilà qu'il reprend parole. Essaie-t-il de se mettre à ton niveau ? Montrer qu'il n'est pas juste là pour te rappeler à quel point tu es tombé bas ; mais que tout le monde en est capable ?! Ca y est, tu es reparti avec tes élans de paranoïa. Tout ça parce qu'un type vient discuter deux minutes et te payer un verre par politesse, tu es déjà à imaginer tout ce qu'il lui passe derrière la tête, toujours à croire qu'il te veut du mal. Et si tu essayais, pour une fois dans cette vie – que tu ne cesses de gâcher en restant planqué dans ta médiocrité – de faire quelque chose de plus constructif que d'envoyer valser les autres ?

Ta main droite, alourdie par la fatigue et la montée d'alcool – tu n'en est pas à ton premier verre, en comparaison de ton collègue de boisson – se lève un peu et se déplace en direction du patron. Suffisamment pour que la manche de ton trench noir bouge à son tour et attire son attention. Tu lui fais signe de remettre ça pour vous deux, et attends sa confirmation silencieuse ; que tu obtiens au bout d'une petite seconde. "Vous devriez prendre le temps de savourer celui-ci alors. Le prochain est pour moi." Tu vois, ce n'était pas si compliqué ! Commençant à apprécier ce qui devient petit à petit une véritable conversation – chose que tu n'as pas eu depuis un sacré moment – tu profites d'entendre les informations en boucle sur l'événement de Zamos pour compléter : "Vous en avez entendu parler ? C'était un sacré bordel là-bas vous savez …"

On saluera la tentative et l'effort. En revanche, pour la qualité du sujet, on repassera. Pas sûr que ça l'intéresse lui, encore moins que ça te mette dans un état plus joyeux ; les ecchymoses toujours présentes sur ton corps ne diront pas le contraire !
Huhuhu:
 
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Jasper Kovachev
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 (#Dim 11 Mar - 11:50
L'homme que j'avais à côté de moi n'était pas des plus loquaces, mais ce n'était pas plus mal. Bien que je ne sois pas disposé à faire la conversation pour deux, je ne voulais pas non plus trop le bousculer dans ses habitudes. Lâcher quelques mots, des bribes éparses de phrases, ma suffisait à me faire croire que quelqu'un me tenait compagnie « Je le savourerai, c'est une promesse. » Cet étranger faisait un bon compagnon de comptoir.

En m'attardant un peu plus sur lui, qui avait l'air déjà repu d'alcool sans pour autant paraître indécent -juste fatigué- il arborait une mine légèrement fermée. Je soupçonnais une solitude ou une introversion, peut-être les deux, que je ne connaissais que trop bien dans mes jours les plus sombres. Cependant, son corps restait alerte, svelte et paraissait d'une certaine taille. Peut-être son travail était-il physique ? Avait-il seulement un travail ? Oui... Sinon il ne serait pas là à me payer des coups. Ceux sans emploi ne survivaient pas longtemps. Nous n'étions pas dans le bouge le plus luxueux de la ville, mais il fallait quand même payer ses consommations comptant. Bien qu'un peu lent à la réaction -personne ne demandait une performance de vitesse de parole- il abordait des sujets tout de même intéressant à mes yeux « Ça... Ne m'en parlez pas ! Je faisais partit de la sécurité, comment vous dire que c'était l'échec le plus cuisant de toute ma vie. Je ne veux pas que ça recommence. Je... » Je me stoppai un instant « Nous avons déjà tant perdu, il faut arrêter ces massacres... Volker n'avait sûrement pas prévu cette émeute et... Et nous n'avons rien pu faire. » J'appuyai ma tête sur la paume de ma main, avant de me frotter les yeux. Ça m'agaçait de repenser à ces cadavres jonchant le sol, ou à ces personnes blessées et traumatisées... Pour parler moins fort encore, je finis par changer de siège et complètement me rapprocher de l'étranger « Vous savez, des horreurs pareilles me font penser à une spirale infernale. On commence et pour peu que l'on soit pris dans le tourbillon... On ne s'en sort plus. » Et ça me minait le moral.

Dans la rue, des bruits se faisaient entendre. Des cris, des rires et autres éclats de voix. Je n'avais bu qu'un verre et demi et, pourtant, c'était déjà suffisant pour me faire broyer du noir. Ne pas faire attention à l'environnement extérieur était une erreur pour un flic comme moi. Je devais être attentif, constamment attentif « Pensez-vous... Pensez-vous qu'un jour, nos coeurs s'allégeront ? » Au moment où je prononçai ces mots, je m'en rendis également compte. Braquant mon regard sur l'étranger, je l'observai un instant, me perdant quelques secondes dans ses prunelles avant de rompre le contact « Excusez-moi, je divague... » Je préférai me cacher dans mon verre, buvant une petite gorgée que je savourai.

fufufu:
 



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 (#Mar 20 Mar - 2:19
Qu'est-ce qu'il t'a pris de dire de ça ?! Tu aurais pu parler de n'importe quoi, du temps maussade par exemple. Ou même de boisson. Mais non, il a fallu que tu parles de l'horreur ... Le pire ? C'est que ton partenaire de picole te suit. C'est comme si à le faire marcher, il se mettait à courir !

A l'entendre, tu ne sais pas trop quoi en penser. Qu'il a échoué lamentablement à protéger la populace ? Qu'il n'a pas été foutu de faire son travail correctement, au point d'avoir autant de morts sur les bras ? Ou que tu es bien lâche, Adam. A profiter de la première occasion pour rejeter la faute sur autrui. Vouloir à tout prix oublier ta propre couardise. Si tu as été blessé, c'est parce que tu as cherché à fuir le plus vite possible, te fichant du mal que tu pourrais faire autour de toi. Et tu l'as payé. Alors ne viens pas critiquer quelqu'un qui se confie, dans ce qui ressemble à un moment de faiblesse qui plus est ! Heureusement pour l'autre, il n'entendras jamais ces pensées ; mais Dieu que ton regard vide, à faire tourner lentement l'alcool dans ce verre, en dit long sur ton sentiment de culpabilité !

Sauf qu'à le laisser poursuivre son monologue, il se met à divaguer, presque philosopher. Tu le fixes et te figes de nouveau, pendant quelques secondes. Comme s'il venait de sortir la connerie de l'Ambriel. Etrangement, tu ressens à la fois le besoin de finir ton verre, en même temps qu'un dégoût pour tout, l'alcool en premier. Sur une décision soudaine qui dépasse la logique et met la sagesse au placard, tu avales tout d'une gorgée puis emets un petit râle, histoire de faire passer le shot. Passablement énervé par ce que tu viens d'entendre, tu tends au barman de quoi payer les consommations et te prépares à partir ; fuir, pour être exact.

Mais ce qu'il t'a dit te démange tellement, rouvre tant de plaies qui peinent à se refermer ... Que tu craques et lui réponds, comme s'il s'agissait d'une évidence : "La réponse est non." Tu pourrais t'arrêter là, te contenter de casser l'ambiance et le laisser en plan. Ou peut être que tu as besoin d'enfoncer le couteau dans la plaie, en réponse à ses élucubrations qui ont fait mouche chez toi. "Il n'y a rien à faire ... Pour éviter la violence, la douleur. La mort ... Peu importe, ça arrivera un jour ou l'autre. Et ils reviendront toujours vous hanter ..." L'image de James te passe en tête, c'est à ton tour de divaguer on dirait "Il y aura bien quelque chose, quelqu'un, pour briser le peu de bonheur que vous avez dans votre vie. Pour rappeler que vous avez quelque chose à perdre, même quand vous n'avez plus rien ..." Arrête ta scène Adam, tu te ridiculises encore plus. "Pour ce que ça vaut ..." Avec un petit sourire, désabusé, tu conclus "Apprenez de vos échecs ... Ou pas, faites ce que vous voulez ... Mais ne les laissez pas vous bouffer."

Tu sors juste après pour te prendre une averse, à peine la porte passée. Et tu réalises. T'es vraiment un enfoiré. Tu te mets à trembler puis extériorises l'accumulation de frustration sur un mur à côté, en hurlant de toutes tes forces. En un sens, ça va mieux. Tu as pu lui dire ce que tu avais sur le coeur et détendre ton corps tendu de toutes parts.

Fatigué, tu t'asseois contre le mur que tu viens de frapper et contemples ta main droite, en sang. C'est donc ça qui fait si mal à présent ?
popopoooo:
 
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Jasper Kovachev
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 (#Mar 20 Mar - 9:34
Je ne compris pas exactement comment la situation dégénéra. Je m'attendais à passer une soirée alcoolisée et rentrer chez moi les mains vides, mais l'haleine chargée. Ce fut tout le contraire. L'homme me parla vaguement de ce qui passait sur l'écran devant nous et à peine eu-je commencer à formuler mes réponses que je le vis rajuster son manteau et poser une jambe à terre en signe de départ imminent. Il jeta sur le comptoir le nombre exact de Den'g stockés dans une carte à crédit, et commença à filer. Je ne savais pas trop pourquoi, mais je m'offusquai de ce geste silencieux et tout bonnement cavalier. L'alcool faisait-il effet ? Instinctivement je me redressai avant de recevoir une salve de mots tous aussi désagréables les uns que les autres.
Pardon ?
Lorsque le type sortit sans me laisser répondre, j'associai immédiatement ça à une fugue. Et dans la police, on n'aimait pas trop les délits de fuite. Quand on entamait un problème, on restait jusqu'au bout pour le terminer !

Ayant quand même une bonne dose de désinhibition due aux breuvages, je sautai de ma place et passai également la porte, quelques secondes après lui. Ou peut-être était-ce une minute ? Aucune idée. Ce que je savais c'est qu'à l’extérieur il pleuvait averse et que les cris qui s'estompaient venaient de l'angle du bâtiment. Je m'y rendis alors et trouvai l'inconnue au sol, recroquevillé. Cette vision m'abasourdit. Je m'attendais à lui faire face, à devoir le violenter pour m'avoir défiguré moralement -bien que ce qu'il m'avait dit n'était pas si brutal-, mais à la place de ça, j'avais devant un pauvre type en train de pleurer un mal que je ne comprenais pas. Tout à coup, toute ma rancune s'en alla et je me souvins à peine de son discours. Si je devais le resituer, je pourrais juste émettre le fait qu'il parla d'erreurs, quelque chose du genre...
L'homme avait la main décharnée par une violence qu'il avait exercée contre le mur, quelques instants plus tôt. Soit l'enchaînement s'était passé très vite, soit j'avais mis dix minutes à lever mon cul de ce tabouret.

Tout à coup très compatissant, je ne lui tenais pas rigueur de ses mots, et me baissais vers lui « Hé. Désolé de t'avoir fait du mal. » Il faut le dire, mais je devais clairement avoir touché une corde sensible, vu l'état dans lequel il avait viré « J'essayai juste d'apporter de la sérénité à ces personnes pour qu'ils puissent profiter tranquillement. Mais je crois que tu en as besoin toi aussi. » L'alcool me montait au cerveau et je ne sentais plus ni mes mains ni mes jambes. Pourtant, elles réagissaient toujours « Je te raccompagne... ? » Alors que j'avais à peine prononcé ces mots, je commençais à le soutenir pour qu'il se mette debout. La scène devait être marrante à voir, mais moi je ne riais pas du tout. Ce qui me hantait réellement, c'était la détresse de cet homme...

Mais c'est que ça tourne bien tout ça Very Happy:
 



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