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 [Terminé] Savoir se rendre humble... [Libre/Solo]

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Ethan
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 (#Mer 8 Nov - 0:56


Voilà trois Eriels que je suis sorti de l'école de commerce, trois Eriels que j'ai ré-emménager avec mon vieux, après de si nombreuses années sans autres nouvelles de lui qu'un simple mot pour mon Ambriversaire... Et maintenant que je sors diplômé et major de promotion, le voilà qui se pavane dès qu'il le peut, devant tout le monde en me présentant comme un enfant prodige, alors que la seule considération qu'il m'offrait était celle que l'on peine à accorder à un chiard prodigue - sous la mauvaise influence de ma mère certainement. Un faire-valoir fils-objet, voilà tout ce que je suis devenu! Dans l'absolu, je pourrai toujours y voir une nette amélioration de mon statut... Enfin, passons, le voilà qui cherche à combler toutes ces années vides et perdues, pendant lesquelles j'aurai presque réussi à oublier son visage; années où le fossé qui nous séparait quand j'étais enfant s'est lentement changé en ce gouffre insondable qu'il est désormais.

Et pourtant, on dirait qu'il ne se rend compte de rien. Quand je le regarde parler de moi, c'est comme s'il avait oublié ses propres paroles, ses propres pensées exprimées le jour où ma génitrice est morte. Comme s'il n'avait jamais dit un mot.

« Dès demain, tu iras en internat. Je ne peux pas m'occuper de toi. De tous les rôles que j'aurais pu lui donner, elle n'avait simplement qu'à t'éduquer convenablement, faire de toi un enfant dont je serai fier plus tard. Jusqu'au bout, elle n'aura été que déceptions. Jusqu'au bout, elle n'aura qu'engendré souillures et problèmes. Maintenant que le mal est fait, je n'ai d'autre choix que de te livrer à une institution stricte qui saura effacer la mauvaise éducation et le mal que ta pute de mère nous a causé à tous les deux, mon fils. Demain, tu pars et tu reviendras en homme, ou ne reviendra pas du tout. »

Le lendemain se déroulait son enterrement, je n'avais que huit Amb's et je n'ai pas pu y assister... Non pas que je l'aimais, elle ne m'avait jamais vraiment démontré d'amour, à ses yeux je n'étais qu'un outil de plus pour atteindre mon père. Mais merde... Ça restait ce qui s'apparentait le plus, de près ou de loin, à une figure parentale dans ma vie - quand elle n'était bien sûr ni saoule, ni droguée.

Bref… Ressasser tous ces problèmes ne me mènera à rien, c’est juste simplement pathétique de sa part et je suis presque même persuadé qu’il ne se rend compte de rien, que tout ceci est normal pour lui, naturel.
Son statut et son argent valent plus que n’importe quoi et, croyez-moi, c’est ce qui le perdra.

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Ethan
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 (#Mer 8 Nov - 1:24


Mes premiers Dériels ne se sont pas tout à fait passés comme il l’aurait pensé. En effet, j’ai non seulement désiré faire la visite complète de tous les locaux, de rencontrer chaque personne travaillant dans l’usine ou dans nos bureaux, et surtout j’ai cherché à prendre tout le monde à contre-pied :

« Alors Ethan, tu as visité tous les lieux ? Et rencontré tout le monde personnellement ? Je pensais que te présenter à la petite fête, le jour de ton arrivée, aurait suffi, mais après tout tu es libre ! Et je vois que tu comprends l'importance pour eux, et l'intérêt pour toi en tant que cadre, d'être disponible et accessible pour tes employés.
- Il est vrai père ! Et d’ailleurs... »

Je regarde alors Jérôme, le directeur de la production dont je suis le stagiaire, et reprends confiant:

« J’ai proposé une idée à Jérôme et elle eut le mérite de l’avoir agréablement surpris ! Je désire passer les trois prochains Eriels dans l’usine, avec nos hommes, à me familiariser avec tout ce qui fait leur quotidien : les machines, le matériel, les commandes, les contraintes, la difficulté et le train de vie. Ils apprendront à me connaître et je saurai, en partie du moins, sur quoi je travaillerai en tant qu’assistant de production. »

Mon supérieur direct ne sait plus trop où se mettre, face au silence gêné  de son patron. Ce dernier me regarde droit dans les yeux, regarde chaque personne présente dans la pièce, avant de revenir sur moi puis… Éclater de rire ! Un rire tonitruant emplit d’un coup la salle de réunion et personne ne bouge ou ne fait le moindre bruit, tous sont terrorisés.
Quant à moi je jubile.
J’ai atteint mon objectif.

« Eh bien, je suis heureux de voir que toutes ces dépenses n’auront pas été vaines et que tous ces Ambriels d’études particulières t’ont fait devenir un adulte, pas seulement avec un cerveau bien formaté à l’écoute, mais aussi avec une certaine logique et une once de stratégie ! »

Mon père se rapprocha de moi, du haut de son mètre quatre-vingt-sept, me prit par les épaules de manière un peu trop franche à mon goût, puis m’embrassa sur chaque joue avant de me donner une claque paternelle. Les gars applaudissent et je pourrais presque imaginer les plus faibles d'entre eux, verser dans le larmoyant.
Ils sont sérieux ? En quoi est-ce supposé symboliser quoi que ce soit ? Tout le monde est fier pour moi, et moi j’ai la joue qui me lance…

Bon... Eh bien je suppose que je dois plutôt considérer ceci comme un bon départ.

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Ethan
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 (#Mer 29 Nov - 16:44


Juste après la fameuse réunion, deux dériels plus tôt, Jérôme et moi avions parlé dans son bureau. Il m’avait demandé si je savais déjà éventuellement avec qui je voudrai être placé en binôme pour le Quartel à venir. C’était une question intéressante et je lui demandais s’il existait un poste qui me permettrait de faire un petit peu connaissance avec tout le monde.

« Autant votre père était d’accord de vous voir travailler avec ses employés pour apprendre un peu le métier, autant les seuls postes dans le genre sont des postes de "runner" ou de "cleaner" et je ne sais pas à quel point il peut avoir l’esprit ouvert vous concernant…
- Pas de soucis Jérôme, croyez-moi, je m’en occupe ! Je le connais bien et je veux juste gagner sa confiance et celle des autres employés. Malheureusement, vous savez autant que moi qu’il n’y a jamais de raccourci généralement… Donc, expliquez-moi ce qui constitue les fiches de postes de ces deux catégories ?
- Eh bien… Si vous le dites… En fait, les runners sont là pour apporter les matières premières sur les chaînes d’assemblage. On leur demande aussi de récupérer les produits finis et de les envoyer au stock pour qu’ils soient traités. C’est assez difficile, surtout si on ne connaît pas très bien la boite, mais tout le monde à commencer un jour. Pour les cleaners, c’est simple : passer dans les machines afin de nettoyer tous les restes qui peuvent venir gêner la production, ou détériorer les articles étant produits ultérieurement. Pas besoin de connaître tout l’entrepôt cette fois, mais tout ceci est plutôt dangereux et il y a beaucoup de consignes de sécurités à connaître et maîtriser.
- Eh bien, on dirait que ce sera cleaner alors ! »

Jérôme ne disait rien, il me fixait avec un regard étrange. Comme si la situation était pour lui totalement surréaliste – et à vrai dire, elle ne l’était pas qu’un peu : un futur jeune prodige des affaires, fils d’un des PDG, qui proposait au petit directeur de production qu’il était de le laisser avoir le rang le plus bas et le plus dangereux de l’usine… Il se rongeait les ongles, en faisant les cent pas dans son bureau encombré de paperasse en tout genre. C’était un endroit où les gars venaient récupérer les ordres de productions de la semaine, mais aussi où toutes les commandes entrantes ou sortantes étaient traitées et archivées, comme pouvaient en attester la douzaine d’armoires à dossiers ornant les murs de la pièce.

« Bon, écoutez…
- Vous pouvez me tutoyer, quand mon père n’est pas dans les parages je trouverai ça plus sympa, d’autant qu’on à pas mal de temps à travailler ensemble !
- Si tu veux, donc écoutes : je veux bien que t’inscrire sur le planning à ce poste, mais il faut que tu me promettes d’être quatre fois plus protocolaire dans les consignes de sécurités que n’importe qui d’autre. S’il t’arrive quoi que ce soit, ma tête saute… À quelques Ambriels de la retraite, ce serait dommage n’est-ce pas ?
- Ça ma paraît plus qu’équitable ma foi !
- Et aussi, dès le premier Dériel prochain, tu suivras Aleksei comme son ombre. C’est un des meilleurs cleaners de l’usine, il est à ce poste depuis une dizaine d’Ambriels. Et pourtant n’est qu’à peine plus vieux que toi ! Avec lui, tu apprendras vite, mais n’oublie pas s’il te plait : quadruples vérifications des consignes… De toute façon, il sera mis au courant de cette règle, je ne veux pas qu’il te demande de faire ce que lui-même fait. Il a perdu deux doigts, mais ça ne le dérange pas, je cite :  « Si elle mord, c’est que tu n’as pas été sage, sinon ça va généralement... » Tu vois ce que je veux dire ? Écoute tout ce qu’il a à dit sur le travail, mais utilise les bonnes façons de procéder.
- Vous pouvez me faire confiance ! »

Un grand et profond sourire rassurant émanait de mon visage à cet instant, Jérôme espérait que je reste en un seul morceau et que j’écoute les consignes.
Quant à moi ? Eh bien, je n’avais pas vraiment d’appréhension, je tenais trop à mes doigts ou à une quelconque partie de moi pour me mettre inutilement en danger. Non, de mon côté j’espérais juste que cet Aleksei soit sympa !


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Ethan
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 (#Sam 20 Jan - 0:47


Dès le lendemain matin, à cinq heures précisément, j’étais en tenue devant la pointeuse et attendais Aleksei. Il arriva avec quelques minutes de retard, me passa devant en me regardant à peine, mais ne pointa pas son badge :

« Je l’ai oublié… Encore… Bah pas grave je suis à l’heure ! C’est toi le nouveau ?
- Oui ! C’est bien moi, je suis rav…
- Ouais « salut-enchanté-pas le temps » bouge toi on a du taf !
- Euh… Très bien ! »

À peine de sommaires présentations étaient faites, que je me retrouvais déjà à courir un peu partout dans l’usine en suivant mon nouveau mentor comme son ombre. Il avait les cheveux longs, blonds et un peu sales. Sa dentition laissait à désirer et pour ce qui était de son haleine, autant dire que je m’arrangeais toujours pour regarder dans une direction différente lorsqu’il me parlait en étant un peu trop proche ! Les machines faisaient un bruit assourdissant et nous étions obligés de porter des bouchons à mettre dans nos oreilles pour ne pas rapidement perdre en audition. À cela on rajoute bien sur les gants, des chaussures de sécurité, le pantalon et la veste de travail anti-coupure et ignifugés, de larges lunettes en plastique et un masque pour les vapeurs et fumées…
Constatation : je n’aurai jamais imaginé à quel point il faisait chaud là-dedans !
Et à vrai dire, nous n’étions pas encore allés vers les hauts fourneaux, fondant le métal destiné à la fabrication de toutes les pièces et commandes des différentes chaînes de montage.
Son accoutrement n’était pas le même : il portait une combinaison dont le haut était baissé et dont les manches étaient accrochées autour de la taille. Il ne revêtait qu’un simple débardeur gris bien délavé et empli de traces de cambouis, il portait aussi ses lunettes, mais ses gants dépassaient de la poche arrière de sa combinaison. Pour ce qui est du masque :

« Quel masque ? Ah oui le masque… Bah pas besoin, de toute façon ça va pas durer longtemps !
- Ça ne fait pas déjà dix Ambriels que tu travailles ici ?
- Dix ? Déjà ?!
- Eh bien… C’est-à-dire que…
- Ah ouais le temps passe vite ! »

Je le regardais travailler sans pour autant savoir s’il se jouait de moi ou pas…

« Et du coup ?
- Oui ?
- Tu sais, pour le port du...
- Eh bien, qu’est-ce qu’il y a ?
- Non, rien, oublie…
- Ah ? Euh, bon… D’accord ! »

Cette discussion tout simplement surréaliste ne m’appartenant plus, je décidais alors de le regarder travailler en silence, ne rompant ce dernier que de temps à autre afin de demander un complément d’information concernant une certaine manœuvre tout juste réalisée.

Ainsi, la première matinée fut intéressante bien que fade. Elle se déroula sans un mot inutile, sans événement et sans problème particulier.

Sur les coups des treize heures, quand la seconde équipe arriva pour prendre le relais, je décidais d’aller me restaurer avec lui à la petite cafétéria d’à côté, où tous les employés vont régulièrement manger.

« Ici c’est vraiment pas dégueu, et ton père nous a négocié un tarif hyper sympa ! Du coup, on mange tous ici et ça nous coûte à peine plus qu’un repas fait soi-même. Le petit plus tout de même : on a pas à faire la vaisselle et la carte change fréquemment ! » m’exposa-t-il avant d’éclater d’un rire malavisé.

Nous mangeâmes avec les autres employés du matin, mais personne n’osant vraiment trop parler devant le fils du patron, je finis rapidement mon assiette et demanda à Aleksei où se trouvaient les douches dans l’usine – bien que je le saches déjà. J’en profitais alors pour lui expliquer, un peu plus fort pour que d’autres l’entendent également, que je devais reprendre le travail d’ici une trentaine de minutes dans les bureaux, car mon apprentissage de la maison passait aussi par la gestion client et production ! Au moment de partir, je vis des regards s’échanger, tantôt chargés de scepticisme, tantôt de dénigrement. Enfin, certaines femmes trouvaient quand même que j’avais du mérite et l’expliquaient en raillant certains de leurs collègues masculins dans un climat plutôt bon enfant.

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L’après-midi fut difficile.
Pas tant sur le travail, car s’était de loin les choses les plus logiques que je voyais ou faisait de la journée, mais plus en termes de fatigue. J’avais un peu sommeil et c’était bien normal : se lever à quatre heures n’était pas ce que j’appellerai une seconde nature chez moi… Aussi, la journée fût péniblement longue et, une fois rentré chez mon vieux le soir même, je n’eus qu’à peine le temps d’encaisser un de ses sarcasmes concernant l’heure où je me couchais habituellement, avant de monter dans ma chambre et de me jeter sur mon lit si divin ce soir-là.

Le second réveil fut un soupçon plus douloureux que le premier. En effet, la veille m’ayant laissé quelques traces, je n’étais désormais plus qu’une seule et grosse courbature ; les douze heures de sommeil de la nuit n’ayant presque pas amoindri la chose. Je pris mon temps pour me laver, fit claquer une ou deux portes de manière plus ou moins étouffées, afin d’être sûr de réveiller mon père – petite vengeance pour la remarque d’hier soir ; puérile certes, mais tellement jouissive. Je pris un bon petit déjeuner et repartis pour Central.

Je profitais de la matinée pour discuter plus en détail avec Aleksei, de ces motivations, du temps passé ici, de la difficulté de son poste. Sur les coups des dix heures, je lui offris un café et nous continuâmes dans la salle de pause vide :

« Bah, tu sais, c’est pas si mal après tout ! J’ai un super salaire, du temps pour le dépenser, et au moins je me sens réellement utile aux gens : sans moi, c’est le vrai bordel ici. Les cleaners des autres équipes tournent sans cesse, des nouveaux arrivent et repartent dans la même semaine. Ils se blessent, ne comprennent rien, bref ici j’suis un peu le chouchou ! J’suis le gamin de l’usine ! dit-il avec un grand sourire heureux.
- Tu es arrivé jeune ici d’ailleurs, à ce que j’avais cru comprendre ?
- Ouais… J’avais rien et on m’a tout donné : un taf, une piaule et même de l’argent de poche. Du coup, je suis resté et j’ai bien appris ! Je suis cleaner parce que personne veut le faire, mais j’ai aussi été à la prod, runner et même à l’entretien des machines. Du coup, je fais gagner masse de temps à tout le monde dans l’équipe, et tu sais bien que du temps gagné c’est de la tune rentrée ! »

Je le regardais avec un certain respect. Contrairement à d’autres, il avait su tirer son épingle du jeu, se rendre indispensable ; et au vu de sa fiche de paye, qui hier m’est passée dans les mains de manière sommes toutes fortuites, il gagnait mieux sa vie que certains des cadres de l’entreprise.

« J’ai bien eu quelques soucis avec le second boss, mais après avoir atteint les objectifs de bâtard qu’il m’avait fixés trois ans d’affilée, il m’a lâché la grappe. Du coup là moins on se croise mieux on se porte…
- Ça ne m’étonne pas de lui. Je ne l’ai jamais aimé et il me le rend bien. C’est lui qui m’a appris la mort de ma mère et en rigolant le salaud.
- Ah ouais, dur…
- Bah, de l’eau a coulé sous les ponts, désormais je suis ici et c’est le passé. Bon du coup on s’y remet ? »

Je jetais le gobelet vide que je tenais puis me retournais vers la porte. Il me mit la main sur l’épaule et je vis dans ces yeux que j’avais gagné des points avec ces informations offertes sur mon passé et ces quelques minutes autour de ce café. Après tout, l’ennemi de mon ennemi est mon ami, non ? Décidément, les plus vieux tours, qui sont aussi les plus simples, fonctionnent toujours. Il suffit de trouver la personne et l’anecdote qui fait mal pour que n’importe qui compatisse, et ce, sans avoir besoin de faire un quelconque mensonge.
C’est juste magnifique.




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 (#Ven 9 Mar - 1:49


La fin du premier Qartel se déroula ainsi : les matinées, je suivais Alek et travaillais du mieux que je ne le pouvais. À la fin du Qartel, j’eus même droit à travailler seul sur quelques machines, les moins dangereuses de l’usine du moins. Le travail était simple, mais physique.

Le midi, nous mangions toujours à la cafétéria voisine avec quelques autres employés. La plupart d’entre eux étaient vraiment fort sympathiques et ça ne prit pas plus de quatre Dériels, à bosser comme un dingue bien évidemment, avant qu’ils ne se remettent à discuter comme si de rien n’était entre eux. Je ne parlais pas beaucoup, je les laissais s’exprimer et échanger sur des sujets aussi divers que variés – bien que ça revenait souvent sur les évènements médiatiques et les différences entre le poste des uns et des autres. Mais toujours dans une bonne ambiance.

Puis l’après-midi, je retournais à l’usine me doucher rapidement, m’habiller toujours avec le même costume noir et blanc, la même cravate et mes chaussures en cuir fines et longues.

Petit à petit, je comprenais de plus en plus comment fonctionnait la boite : ce que je devais faire, ce que je pouvais faire, et tout ce que je n’avais pas le droit de faire - ou n’en avais pas encore l’accès.

Bref rien de bien spécifique, qui ne mérite réellement que l’on s’attarde dessus, mais pourtant capital pour gagner la sympathie, le respect ou tout du moins gagner l’indifférence des plus réfractaires à mon sujet. Bien que mon père devint rapidement contremaître dans sa jeunesse, et qu’il ait travaillé toute sa vie dans l’usine, je réussis à relever quelques incohérences dans les stocks de manières cycliques et compris bien vite qu’une économie parallèle avait lieu dans l’usine.

Il me fallut encore deux Quartels presque révolus pour commencer à entrevoir le schéma exact de ce qui ne tournait pas rond.

Dans les faits, quelqu’un faisait sortir du matériel en petite quantité en prétextant faire de la « casse », mais la pesée totale des rebus de la journée était toujours décalée de quelques dizaines de kilos ces jours-là. Dix, vingt ou trente kilos me direz-vous ? Une erreur facilement faisable sur plusieurs tonnes par jours, certes... Seulement ce quelqu’un n’était vraiment pas malin, car, en temps normal, les poids étaient presque tous parfaitement égaux aux divers registres de sortie.

Avec un peu de chance, je saurai rapidement qui est le maillon faible du système. Faute de ne pouvoir prendre la place de mon père, au moins me mettre un maximum dans ses bonnes grâces en lui rapportant des faits inconnus.




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 (#Ven 9 Mar - 2:00


Et donc, le second Dériel du quatrième Quartel dans l’usine, je décidais de rester un peu plus tard dans les bureaux, prétextant que j’avais commis une bourde dans une commande plutôt importante et que je devais absolument régler ça avant le lendemain matin.

« Très bien, je vois que tu es consciencieux et que tu ne lésines pas sur les heures de travail… Je suis content que ton père t’ait demandé de m’assister. Pour cette petite erreur je ne dirai rien, on fait du bon boulot ensemble je trouve et on ne va pas laisser une situation déjà résolue changer la donne, n’est-ce pas ? »

Jérôme venait de prononcer cette dernière phrase avec un grand sourire appuyé d’un léger clin d’oeil complice. Puis fit demi-tour et passa la porte de notre bureau en me souhaitant la bonne soirée. Un peu plus tôt j’avais localisé, dans les entrepôts, l’emplacement exact d’où se perdaient certains de nos produits. Aussi, je savais déjà où me positionner pour avoir une vue imprenable sur le lieu sans être aperçu. J’attendis quelques minutes, puis entrepris de me positionner en attendant le moment. Je me déplaçais alors sans me faire voir dans les entrepôts désormais familiers et m’installais, après avoir pris l’échelle pour rejoindre les conduites d’air conditionné, sur une sorte de petite plateforme juste sous les toits. Dans mon sac ? Un peu d’eau, deux morceaux de pain, des tranches de viande froide et surtout un petit appareil de capture vidéo loué la veille dans une boutique de Piat.

L’attente fut plutôt longue, mais finit par payer. Quelqu’un venait d’arriver, mais n’avait pas l’accoutrement obligatoire d’un des runners. L’éclairage était vraiment mauvais, aussi je me penchais un maximum afin d’avoir une image des plus nette possible de notre petit voleur. Au bout de quelques longues minutes à tenter de capter une bonne séquence, je vis cette personne charger un petit chariot de divers produits chimiques liquides. Ceux généralement manquants ou malencontreusement cassés. Je n’arrivais pas encore à comprendre pourquoi "ces" produit. Ils n’avaient rien d’extraordinaire, c’était par exemple des produits pour refroidir en un temps record une pièce de moteur sorti de l’un de nos hauts fourneaux. Ou encore un autre permettant la lubrification extrême de lourds trains de roulement. Rien qui n’ait de rapport concret en tout cas…

Ne sachant pas si ce mystérieux individu travaillait seul, je décidais de regarder l’enregistrement le soir une fois rentré. Et j’avais certainement bien fait.

Sur cette bande, on pouvait y voir Fred - le fils du chef réparateur de notre atelier. Ce que je n’avais pas vu cependant quelques heures auparavant, c’est qu’il avait l’air de répondre aux ordres d’une tierce personne, elle aussi présente un peu plus loin dans l’usine. Après avoir hoché de la tête à l’inconnu, Fred tourna le regard en tout sens, avant de se diriger vers une des sorties latérales du bâtiment.

Il serait intéressant que je rende une petite visite de courtoisie à ce cher Fred demain...





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 (#Lun 12 Mar - 23:25


Le matin en question, je ne pris pas plus de temps qu’il n’en fallait pour me sociabiliser avec les collègues, prétextant une fatigue importante induite par mon double travail. En réalité, je voulais sortir un peu avant les autres pour pouvoir attraper Fred avant qu’il ne s’en aille.
Toujours le dernier arrivé et le premier parti celui-là…
Malgré un mal de ventre inhérent au stress de la situation, je me concentrais déjà sur la contenance de mes futurs propos.

À l’arrière du bâtiment principal, une vieille voiture tombant en ruine était garée de travers. Je pris donc mon mal en patience en attendant de le voir sortir, environ une bonne dizaine de minutes plus tard, et me cachai non loin de son véhicule délabré. Je vérifiai à nouveau la qualité des images prises par la petite caméra portative et fis un arrêt magnifique sur son visage. Je ne savais pas vraiment ce qu’il me répondrait ni ce qu’il trouverait comme excuse.
Jamais je ne me dis, à aucun moment, que les choses auraient pu dégénérer. Étais-je assez sûr de moi ou assez fou pour ne pas y penser? Aucune idée, mais justement, le voilà…
Il s’approcha de son véhicule avec la rapidité de quelqu’un qui se reprochait quelque chose. Arrivé devant la portière conducteur, je vis ses clefs lui échapper des doigts. Après avoir laissé échapper quelques insultes maison, il se baissa et les ramassa. Je profitai alors de ce court instant pour sortir de ma cachette et venir me positionner juste derrière lui:

« Tiens salut Fred! Tu viens seulement de finir? » disais-je d’un ton sardonique.

Le jeune homme se redressa alors en un clin d’œil puis se retourna d’un bloc, se plaquant à son véhicule au fur et à mesure que je me rapprochais de lui, jusqu’à l’en mettre mal à l’aise.

« Euh...Tien salut Ethan… Qu’est-ce que tu fais là? » fit-il en regardant nerveusement autour de nous.
- Eh bien, figure-toi que je voulais te faire part d’une grande nouvelle!
- Ah bon? Mais que… enfin laquelle ?
- À vrai dire, j’ai réussi à rentrer en possession d'un fichier vidéo qui saura, à coup sûr, éveiller un fort intérêt chez toi aussi... »

Tout en lui envoyant directement le fichier dans sa lentille connectée, je repris d’un ton calme bien qu’un soupçon joueur :

« Je pense que tu reconnais l’homme que l’on peut y voir? Tu fais une de ces têtes, tu devrais te voir je te jure… Ferme la bouche mon ami, d’ici je peux voir tes amygdales !
- Tu… Que…»

Je le regardais en découvrir le contenu petit à petit et en profitais pour respirer profondément et calmement. Je ne devais pas me précipiter, pas hésiter, pas bégayer et encore moins paraître peu sûr de moi. Je me composais mentalement un visage hautain et essayais d'y coller le plus possible physiquement.
J’ai toujours su mentir, mais c'est la première fois que ce fut aussi risqué :

« Bref, avant toutes choses, sache que ce petit fichier a été dupliqué et entreposé sur plusieurs serveurs différents. Aussi, il serait bien sot d’essayer de le récupérer par la force.
- Salopard!
- Ne sois pas grossier voyons… Si tu cherches à t’enfuir, je ne t’en empêcherai pas, mais je communiquerai tout cela à mon père qui ne manquera pas d’en parler aux autorités, puis tu seras recherché. Je crois que tu sais ô combien il n’est pas conseillé d’être du mauvais côté de la loi, non ?
- Tu veux dire que personne ne…
- Non, pas pour le moment ! Personne d'autre ne l'a encore vu. Ceci-dit, si d'aventure il m'arrivait quelque chose... »

Je regardai sa veste en différents points et tout en l'époussetant légèrement, laissai ma phrase en suspens afin qu'il comprenne que ce serait le premier incriminé. Je levai la tête, le regardai avec un faux air de connivence sur le visage, puis me reculant de quelques pas et le fixant, un sourcil légèrement arqué :

« Je me suis dit qu’entre personnes intelligentes, il existe toujours moyen de s’entendre… N’est-ce pas ?
- Je suppose que oui.
- Roh… Cesse donc de me regarder comme ça ! Tu me payes un café ? » disais-je en faisant demi-tour.

Mon ton indiquait clairement qu’il ne s’agissait pas d’une vraie question, si ce n’est vaguement rhétorique tout au plus. Je le vis alors baisser les épaules de résignation autant que de dépit induit par cette situation, à moins que ce ne le soit par ma personne. Dans tous les cas, cela ne m’importait que peux, j'avais réussi à le convaincre de me parler. Il ne tenait qu’à moi d'être assez prudent avec la suite des événements et avec mon comportement non verbal - tel que les mains tremblantes.
Je devais paraître sûr de moi, car sinon, j’allais perdre le coup d'avance sur lui.
Sans ses réponses, je n’aurai pas su dans quoi il mouillait et je ne pouvais m'y résoudre.
Je voulais des réponses.
Et un café chaud.




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 (#Ven 16 Mar - 15:58


Fred venait juste d’accepter de discuter, alors que je ne m’y attendais vraiment pas de sa part. C’était plutôt simple, mais je ne devais pas penser que ça allait le rester pour autant.
Nous nous dirigions vers le monorail, puis décidions de sortir un peu plus loin dans le quartier afin de ne pas être surpris par nos collègues de travail. Aucun de nous deux ne disait mot et seuls ses yeux croisaient de temps à autre les miens, comme pour vérifier si j’étais toujours là. Suivi à chaque fois d’un regard blasé : oui j’étais toujours là.
Nous marchâmes un moment au détour des ruelles, et nous avons fini par jeter notre dévolu sur un café discret dans une petite impasse. En rentrant, les quelques clients nous regardèrent comme si nous étions des étrangetés, venues se perdre dans ce café lounge aux allures de QG pour hipster.
Je le suivis jusqu’à une table tout au fond du troquet où un serveur nous apporta deux verres d’eau, quelques légumes crus coupés très fins et nous demanda ce que nous voulions :

« Quelque chose de frais et de complet pour moi garçon s’il vous plaît.
- Une bière. » Dit-il d’un ton morne et nonchalant.

Je le regardais sans sourciller, sans dire un seul mot, attendant qu’il choisisse de quelle manière attaquer tout ceci. Le silence tendu à la vertu de délier toutes les langues, même les plus molles.

« Bon tu veux quoi ?
- Un nom. Que je puisse donner à mon père pour lui expliquer pourquoi tant de produits disparaissent sans que personne ne s’en rende vraiment compte.
- Je peux pas mec…»

Tout en raclant ma chaise d'un bruit sec vers arrière et en faisant mine de me lever, je repris:

« Bon très bien tant pis, je vais simplement envoyé une copie de la caméra et tu te débrouilleras avec mon vieux.»

Il fit un bon en avant sur sa chaise et avança la main comme pour attraper mon poignet, que j'enlevais trop vite pour lui.

« Attends… Tu disais pas qu’on pouvait s’arranger ?
- Bah écoute, moi je suis toujours ouvert à toutes propositions ! Du moment qu’elles sont équitables et que tout le monde y gagne…
- Hum… Putain, c’est compliqué…»

Je le sentais en proie à un fort doute, je devais en profiter! Aussi, je me rassis face à lui et me penchais un peu vers l'avant, tout en lui parlant un ton plus bas, comme pour que personne ne m'entende:

« Bon, sinon on peut s’arranger d’une autre façon. Je te pose des questions et si tu peux répondre tu réponds, sinon tu dis rien. Au moins ça me donnerait un indice et tu ne balancerais personne…
- Je vois pas l’intérêt du coup… Mais bon, si ça te va comme ça…
- Mais oui, ça me convient bien ! Commençons veux-tu ?
- Hum.
- Bon première question…  »

Je devais prendre mon temps pour réfléchir, chaque question devait être logique et efficace afin d’éliminer un maximum de pistes en un minimum d’info. Mais il ne devait pas trop y en avoir, car même un crétin comme lui finirait par arriver au bout de sa patience.




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Ethan
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 (#Ven 16 Mar - 16:22


Je le regardais, il était mal en point. Fatigué ou malade, je ne saurai vraiment le dire.

« Combien de personnes travaillent réellement avec toi dans cette petite magouille ?
- Combien réellement ? J’en sais rien. »

OK. Donc ils sont plus que deux déjà. C’est contraignant.

« La personne avec qui tu parlais, c’était quelqu’un que je connaissais ?
- …
- C’était un des collègues de boulots ?
- … »

Son regard était posé en un point et n’en bougeait pas. Il avait la mâchoire crispée et il ne faisait aucun autre geste. Je devais faire parler son corps plus que son esprit conscient. Je modulais alors subtilement ma voix pour arriver à la fréquence exacte sur laquelle je serais le plus susceptible de le mettre à l’aise. Il se détendit un peu, ce qui me permit de continuer mes questions en faisant attention aux petits détails tels que les yeux fuyants, les doigts qui se serrent, les jambes qui bougent, les pupilles qui se dilatent…

« Donc si je comprends bien… Tu bosses avec quelqu’un que je connais, mais tu ne veux pas me dire qui. Tu as peur pour toi et tu te moques éperdument de lui ? Ou bien as-tu peur pour vous deux ?
- Je peux pas le balancer, j’ai pas trop le choix et lui non plus.
- Si on vous fait chanter tous les deux, n’hésite pas à me donner des preuves ! Mon père pourra vous aider à…
- Nan mec, l’autre gars est taré, je sais pas qui c’est, mais il réussit à mettre mon... associé dans un tel état de frayeur, aussi loin que je me puisse me souvenir, j’avais jamais vu ça chez lui... »

Il me parlait, les yeux dans le vide, regardant comme au travers de son verre et de la table elle-même, n’étant plus tout à fait présent ici avec moi. Je vais tenter de savoir si son père est là-dedans. Au cas où, ça me donnera une piste à suivre pour la suite.

« Bon et sinon, tu sais à quoi servent ses produits toi ? Ce que les autres en font ?
- Nan, je suis que le premier maillon d’une chaîne je pense.
- Et ton père ? Il sait à quoi servent ses barils lui ?
- Qu’est ce que t’en sais que mon père est là-dedans ?
- Il ne faut pas être totalement stupide tu sais, pour les autorisations de faire sortir le matériel, il faut un certain niveau dans la boîte. Mes soupçons ont été confirmés par le fait que tu ne l’as jamais vu aussi stressé par quelqu’un : "aussi loin que tu puisses t’en souvenir"…
- Mais je… Tu… Roh merde ! »

Il but sa bière quasiment d’un trait et la reposa. Je venais de voir juste, sans vraiment le faire exprès. La première idée est souvent la bonne comme le disaient souvent nos professeurs de négoce.
Mon instinct est puissant.
Ma chance aussi, peut-être.




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Ethan
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 (#Ven 16 Mar - 16:33


« Bon du coup, il sait quelque chose de ça ? Il a vu ou entendu quelque chose de spécifique ? Ou peut-être tu as entendu ton père dire ou faire un truc légèrement différent, qui pourrait me mettre sur une piste ?
- Je sais pas… Il me semble qu’une ou deux fois il a parlé à un certain Bakster, qui devait chercher une cargaison. Je croyais qu’il parlait de ce que j’avais fait sortir, mais j’suis plus aussi sûr.
- Tu sais ce qu’il faisait ce gars ?
- Je crois qu’il était quelque chose comme un pseudo chimiste.
- Un chimiste… Il n’est jamais bon qu’un chimiste soit mêlé à une contrebande de produits chimiques ! Généralement, il est de près ou de loin impliqué dans une quelconque transformation de ses dits produits… En poussant un peu la déduction, ça ne m’étonnerait pas que vous soyez les fournisseurs d’un petit labo de drogue clandestin.
- Putain t’es sérieux mec ?
- D’après toi ? Tu penses sincèrement que c’est pour refroidir des trucs ou en faire rouler d’autres ?
- Bah…
- Ouais, ça ne m’étonne pas qu’on t’ait choisi toi pour être celui qui prendra tous les risques en volant le matériel. Trop stupide pour chercher à comprendre la portée de tes actes ! Et tant pis s’il se fait prendre...
- T’es vraiment un sacré fils de p…
- Oui, c’est littéralement vrai. Mais comme je n’ai pas vraiment d’autres souvenirs d’elle, je m’en fous. »

Je le regardais avec un visage souriant, mais qui trahissait une certaine froideur.

« Bon du coup, c’est mort pour avoir d’autres informations si j’ai bien compris ?
- Bah tu sais tout ce que je sais.
- C’est-à-dire pas grand-chose. Je vais essayer de continuer à gratter un peu dans les papiers de la boite, avec un peu de chance un intermédiaire ressortira.
- Tu va pas en parler hein ? On avait un arrangement…
- Ah bon ? On avait un arrangement ? Il me semblait que les arrangements se discutaient avant de donner les infos compromettantes, non ? » dis-je tout en me levant. Puis, juste au moment où je lui tourne le dos je l’entends se lever et saisir un des verres.
« T’es qu’un sale bâtard Ethan ! Je…
- Alors oui, c’est vrai ça aussi, mais si j’étais toi je me calmerai et me tiendrai tranquille. Tant que tu feras comme si rien de tout cela n’était arrivé, j’en ferai de même.
- Et comment je peux savoir que tu dis vrai hein ?
- Comment ? Certes… Tu ne peux pas. Je te laisse régler la note. A plus looser. »

À cet instant, en sortant de ce petit bar, je le suppliais intérieurement de ne pas me poursuivre, m’enfoncer le verre dans le crâne ou me pousser sous une voiture en marche.
J’étais peut-être allé trop loin. Mais pourquoi ? Pourquoi prendre tous ces risques et me mêler à des affaires qui ont l’air de me dépasser de loin?

Parce que je voulais bien me faire voir par mon père ? Pour gagner de sa confiance et mieux gravir les échelons ? Pour simplement faire perdre moins d’argent à l’usine ?

Non… En réalité, je crois que c’est plus simple.

Parce que je m’ennuie.




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 (#Mar 20 Mar - 17:00


Je n’eus qu’à peine le temps de rentrer jusqu’à l’usine et accomplir mon rituel journalier, la petite douche rapide et le changement de mes vêtements en troisième vitesse, pour retourner dans les bureaux l’après-midi. Je mangerai quelque chose sur le pouce, quitte à ce que ce soit parmi les aliments insipides du distributeur.
Rien n’importe vraiment, si ce n’est une chose : je devais savoir qui était cette personne.

Bakster, Bakster… En ai-je déjà entendu parler ? Il me semble avoir lu quelque chose, mais je ne sais absolument plus où…

Je me dépêchais une fois de plus pour clore mes dossiers du dériel. De toute façon, ils n’avaient rien de bien compliqué. Au contraire ! Je passais le reste de la journée à sociabiliser avec les gens des bureaux, que je ne connaissais encore que trop peu en comparaison des équipes d’ouvriers. Ce que chacun faisait, pourquoi, comment… Je ne faisais pas semblant de m’y intéresser, car je savais qu’un jour ou l’autre, d’un temps plus ou moins lointain, j’aurais besoin de tous les connaître et de savoir ce que chacun fait au quotidien pour m’aider à avancer, après la succession de mon père.

J’eus beau chercher tout le Dériel, fouiné dès que je le pouvais à gauche ou à droite, sans me faire remarquer bien sûr, je fis chou blanc. Ce nom me disait définitivement quelque chose, j’en étais presque sûr, sans pour autant pouvoir remettre un dossier dans lequel je l’aurais vu. Aussi, je décidais de ne pas trop attirer l’attention et les regards sur moi, en tentant de fouiller ostensiblement des zones où je ne devais pas me trouver et où je n’avais rien à y faire en cette après-midi. Enfin ni en après-midi, ni le matin ou le soir. Juste jamais rien à y faire. De toute façon viendra, assez rapidement, le moment où je pourrai tout visiter et vérifier à loisir… J’en étais sur, je trouverai une idée.

Le soir, je saluai Jérôme et mes collègues de l’administration, puis décidai de rentrer directement chez mon père. Malgré l’habitude des lourds qartels de travail récents, je n’en restais pas moins fatigué. Pendant tout le trajet, j’ai eu l’impression d’être épié, suivi. J’essayais de regarder discrètement derrière moi dans une vitrine de magasin, le long des vitres quasi parfaites du monorail avant de m’y engouffrer et je refis même mon ourlet de pantalon en prenant appui sur des marches d’escalier qui passaient par là.
Rien.
Jamais personne.

Je finis par me dire que toute cette histoire me montait à la tête, et je n’y fis plus vraiment attention.






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 (#Mar 20 Mar - 17:00
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