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 [RP U.] La Marche


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Gouvernement
Fondateur
Date d'inscription : 14/02/2017
Messages : 145
 (#Lun 6 Nov - 19:13


La Marche
Ambriel 1201 E5 Q2 D3


Ce matin-là l'air était frais et le temps maussade. Il ne pleuvrait pas mais un orage risquait de gronder d'ici peu. Irina regarda autour d'elle et vit les gens s’amasser en silence. Ses larmes étaient chaudes et les sillons qu'elles formaient sur ses joues étaient similaires à des tranchées embrasées. Au fond d'elle, elle remerciait chaque inconnu d'être venu jusqu'ici et, pourtant, elle regrettait leur présence. La solitude qui l'enveloppait à présent était indescriptible et d'un geste de main vif, elle fit signe à ses gardes du corps d'éloigner les journalistes en quête de ressentit immédiat.

Irina Volker, éminente ministre de l'intérieur, venait de perdre son époux, pas plus tard que l'avant-veille au matin. Sur les coups de midi, des employés de la tour où travaillait Dan, avaient retrouvé son corps raide, sur le sol de son bureau. Si les secours et les médecins arrivèrent très vite, les médias également. Le médecin légiste avait déclaré une crise cardiaque, avant que les journalistes, assoiffés d'une curiosité mal placée et maladive, ne fassent quelques élucubrations de leur cru sur le sujet. Une affaire était ouverte par un des commissaires en chef de Central et tout le monde attendait la suite.

Le soir de la mort de Dan, quand tout le monde était en train de regarder son poste de télévision, madame Volker intervint en direct. Elle incitait tous ceux qui le souhaitaient à assister à une marche funéraire, avant la crémation du corps. Elle était livide, les traits anormalement tirés et elle reçu autant de sympathie que de pitié de la part du peuple. Perdre un proche n'était pas une légère affaire et, par des mots qui se voulaient touchant, elle invitait les personnes à se recueillir sur cette mort mais, également, sur les parents, frères, sœurs et amis qui auraient pu les avoir quitté, quelques temps auparavant. Célébrer leur mémoire, tout simplement.

Deux jours après, en plein milieu de l'après-midi, les gens s'agglutinaient dans une des artères de Zamoskvorechye, le quartier de résidence de la famille politique. Ils avaient entendu le message, avaient écouté l'appel et c'était avec empathie qu'ils se mêlaient à la peine de la femme. Irina était connu pour être dirigiste, sévère et faire valoir ses idées coûte que coûte. Elle était brute et particulièrement embrasée lorsqu'elle le voulait. Seulement ici, chacun pouvait voir qu'elle n'était que l'ombre d'elle-même. Entourée de gardes du corps assez impressionnants, elle se servit de l'appuie de l'un d'eux lorsqu'elle se mit en marche vers une petite estrade installée pour l'occasion. Ses jambes flanchaient, ce qui la faisait chanceler. Pourtant, elle se reprit rapidement et grimpa les trois marches du perron. La politicienne s'éclaircit la voix et prit quelques secondes à s'exprimer

« Mesdames, messieurs. Je... Je ne ferai pas de discours officiel comme vous avez l'habitude de l'entendre venant de moi. Ici je ne suis plus la ministre de l'intérieur, je suis Irina, une femme qui a perdu son tendre mari. Je souhaitais vous rassembler pour partager cela, pour que nous puissions, tous ensembles, rendre hommage à sa mémoire ainsi qu'à tous les autres défunts qui nous ont quitté trop tôt. Dan... Dan était un homme brillant et un mari fidèle. Il m'a soutenu dans toutes mes entreprises et je lui dois toutes mes réussites. J'espère que vous avez des gens qui vous sont chers, sur qui vous pouvez encore compter. Embrassez-les, choyez-les, la vie est si courte. »

On entendit des sanglots et on ressentit de la peine. L'empathie qui se dégageait de cette espèce de cérémonie non-officielle était pure. Les habitants étaient particulièrement touchés par la mort et ce n'était pas quelque chose qu'ils ne mesuraient pas, au contraire. Comme si les grands troubles passés étaient encore, inconsciemment, dans leurs gênes.
La grande femme reprit :

« Nous nous arrêterons dans le parc où il aimait passer du temps avec sa famille. Si vous le voulez bien, nous y déposerons des gerbes de fleurs. »

C'était important de prendre le temps de commémorer tout cela. Ca aidait à faire le deuil. Au moment où elle allait terminer, il y eut un brusque mouvement de foule. La seconde d'après, un des vigiles qui entouraient la ministre, tomba sur le sol, mort.
La panique s'installa alors : les gens crièrent, paniquèrent et tentèrent de s'échapper dans les rues de Zamos. Quelques coups de feu retentirent avec des cris « NOUS SOMMES LES PARIAS SOUVENEZ-VOUS DE NOUS ! » suite à quoi, des grenades fumigènes furent lancées dans la foule, aspergeant le tout d'une fumée nocive et étouffante. Les autorités présentent essayèrent de faire évacuer les milliers de Moskovites alors qu'un groupuscule tenta de poursuivre les insurgés.

Sur tous les écrans de télévision ainsi que de Piatniskaïa, des journalistes filmaient la débâcle et parlaient d'un attentat comme ils n'en avaient jamais vu. Des Parias avaient vu le jour et tentaient de se faire reconnaître. C'était une affaire à suivre qui n'allait pas manquer de faire parler d'elle...


Explications
et gains


Coucou à tous !

Vous voici dans le tout premier RP Unique. Si certains connaissent le concept ou le comprennent, d'autres y sont totalement étrangers. En effet, le RP Unique est une intrigue courte et spontannée qui ne demande pas énormément de répartit. C'est le genre d'action qui ne prend généralement qu'un post, pas plus.  Pour ceux qui se posent la question, c'est mon unique post en tant que MJ dans ce RP là Very Happy Je vous donne la trame et vous agissez ensuite. En revanche, tous les actes que vous allez faire seront susceptibles d'avoir un impact sur le futur du forum et d'être, pour certains, retenus dans l’histoire globale  Very Happy

Ici on parle de la mort de Dan Volker, le mari de Irina Volker, la ministre de l'intérieur, élu il y a, à peine, quelques ambriels. L'information est partout, personne n'a pu la rater et le visage d'Irina faisant son discours en direct a été diffusé sur tous les écrans que ce soit sur les buildings ou dans les vitrines commerciales. C'est une première qu'une politicienne ou même qu'une personnalité demande à ce que les habitants se réunissent dans une ôde à la mort et pourtant, il y a eu énormément de participants. Une des rues principales de Zamos est blindée de monde, elle a eu un grand succès à faire cette annonce et vous voilà dans les rues, pour la raison que vous souhaitez. Vous pouvez être là par curiosité, par réelle empathie, pour le chaos ou même pour la sécurité, comme vous voulez ! Votre but sera de vous enfuir (vous pouvez vous prendre des coups dans la tronche, c'est toléré xDD) et d'échapper aux coups de feu et autres fumigènes chiants. Après, vous pouvez jouer les héros  Cool  mais vous risquez clairement de DIE héhéhé.

Dans les faits vous êtes assez choqués car pas censé voir des morts tous les jours de vos yeux (sauf pour les gros caïds xD) et surtout, vous connaissez la Moscou calme et sécure, pas une ville où des groupuscules font leur apparition en défonçant un type et en gueulant comme des cochons. Donc clairement, c'est insécurité + flip total  Fear

L'histoire n'a pas énormément d'action car ce RP sert à vous présenter le style "RP Unique" et, en même temps, à commencer à planter des éléments de décors de l'univers d'Antinomia =)
    Règles :
    -Vous ne pouvez ni jouer, ni parler à Irina et ses vigiles
    -Vous ne tuez personne (sinon je vous énuclée)
    -Le minimum de mots à faire est 700.
    -Comme vous ne faites qu'un post, vous ne pouvez pas vous croiser et interagir les uns avec les autres ^^
    -Vous avez jusqu'au 06/12/17 pour poster votre réponse
    -Vous mettrez le gain que vous souhaitez sous spoiler à la fin de votre post avec le nombre de mots total effectué également.

Je vous met donc le barème de gains en dessous :

-Si votre post fait 700 mots : Vous trouvez une carte de crédit d'une valeur de 150 Den'g
-Si votre post fait 1000 mots : Vous trouvez une carte d'abonnement ambriel au monorail
-Si votre post fait 1500 mots : Vous trouvez un badge permettant d'analyser de petits objets (max. 10cm cube)

Plus d'info. sur les différents RP : >> ici-même <<

Tu as encore des doutes ou quelque chose cloche ? >> MP Jasper <<

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Adam I. Aksakov
Date d'inscription : 06/11/2017
Messages : 7

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Age: 30
Logement:
Corpulence: Moyenne
 (#Mer 8 Nov - 21:58
D'un silence apaisant, tu effectues tes tâches avec la régularité d'un métronome. Porter un carton par-ci, le décharger par-là ; éviter les automates en plein milieu du chemin, puis le collègue qui a abusé du café. Check. Tes gestes sont précis, tellement tu les as répétés, subis. Pourtant, ton esprit est ailleurs ; ton regard effacé le trahit à n'importe qui daignerait poser les yeux sur toi. Mais depuis le temps, plus personne ne fait attention ; surtout qu'aujourd'hui, chacun semble bien trop dans ses pensées pour s'intéresser à son entourage.

"Est-ce que tu vas y aller ?" Que tu entends, alors que tu essaies de donner du sens à ce que tu as lu dans ce maudit email. "A la marche ? Je ne sais pas. Ils nous ont donné l'après-midi, ce serait peut-être bien …" Fermez-là, les groupies … Sérieusement. Tu te concentres un peu plus et insistes pour ne pas perdre le fil de ta pensée. "Et toi Adam ? Tu vas y aller ?" - "Quatre cent quatre-vingt mille sept cent cinquante-six ..." - "Quoi ?" - "SOIXANTE-DIX-HUIT MILLE NEUF CENT QUATRE-VINGT-QUATORZE !!!" Est-ce que tu viens de lui hurler une improbable suite de chiffres, droit dans la face ; comme s'ils annonçaient l'Apocalypse en personne ? A en croire son regard, sa bouche entrouverte et le pas en arrière qu'elle vient de faire …. Ça se pourrait. Tu restes figé pendant plusieurs secondes au-dessus de sa si petite personne, le souffle court, ton regard pénétrant ses yeux vides ; jusqu'à ce que tu virevoltes dans un "Trois mille sept cent huit …" dubitatif, pour finalement retourner à ta précédente tâche et redevenir silencieux. Même son sursaut, agrémenté d'un "cinglé …" de sa comparse ne réussiront à te faire décoller de ta pensée du jour.

La matinée se termine et tu arrives au réfectoire. Ton déjeuner à la main, tu accordes suffisamment de crédit à la routine pour remarquer qu'il n'y a presque personne. Tu manges dans un silence de plomb et finis ton casse-croûte en quelques minutes. Tu pars te changer, prends tes affaires et, comme tous tes collègues, quittes ton lieu de travail. Te laissant porter par le monorail, tu arrives à ta correspondance et constates que presque tout le monde prend le même chemin. Tu te rappelles ce dont l'autre cruche a parlé dans la matinée et, implicitement, tu te souviens à quel point cela t'a fait du mal de le perdre, lui. Ton rythme cardiaque s'accélère et tu commences à sentir les pulsations, de plus en plus fort. Hésitant soudainement et pris par tes souvenirs, tu finis par rejoindre le flot ininterrompu de voyageurs et monte dans la rame menant à Zamos. Tu ne penses à présent plus à une suite de chiffres, mais ressasses les souvenirs, les images ce Dériel maudit.

Enième point noir dans la foule, tu fermes ton manteau et tends tes mains au fond des poches. Tu n'es pas à l'aise, à te demander ce que tu fais là. Mais au-delà des discussions insipides, des regards curieux, tu vois des gens silencieux, le regard aussi vide qu'a pu être le tien. Ton implant oculaire n'aurait su rater ce genre de détails et tu ressens une soudaine empathie pour eux. En un sens, vous êtes tous des égoïstes, des masochistes, à venir uniquement pour vous faire du mal. Vous rappeler à quel point il est douloureux de perdre un être cher. Mais aussi à vous convaincre que vous n'êtes pas seuls et qu'en cet instant, tout le monde comprend cette douleur. L'animation au loin mobilise votre attention et chacun garde son silence, tandis qu'elle s'exprime.

Ton esprit ne cesse de digresser sur le souvenir de James, mais tu utilises toujours ton implant pour avoir un meilleur visuel. Aussi, tu ne peux rater la chute du garde, la réaction de chacun aux alentours, puis le mouvement de foule qui se propage. Tu aimerais partir, avant que la marée humaine ne t'emporte, mais ton corps refuse de bouger. Tu restes là, figé par une mort en direct, qui se mêle à l'horreur ressentie lors de la perte de ton compagnon. De soudains coups de feu retentissent et agissent comme un électrochoc. Tu te mets toi aussi à courir, sans savoir où aller, tu bouscules les autres sans faire attention et te prends plusieurs coups de coude.  A chercher une ruelle vide, tu finis par bifurquer sans crier gare et le paye immédiatement : tu te retrouves poussé, balloté puis à terre. Tu te recroquevilles mais cela ne suffit pas. Certains te tombent dessus, d'autres te piétinent à vouloir passer à tout prix. Plusieurs et longues dizaines de secondes s'écoulent avant que tu aies l'occasion de te relever, puis dégager de cette vague qui est en train de tout détruire sur son passage.

Arrivé dans un endroit – relativement – sûr, tu te mets en boule, la tête dans les genoux. Tentant de faire le vide, penser à autre chose que l'horreur, aux cris et à la panique, tu subis aussi bien le chaos auditif que mental. Ce n'est qu'après une bonne demi-heure que tu daignes jeter un coup d'œil à gauche puis à droite. Le vent de panique semble loin maintenant et tu te lèves, décidé à quitter ce lieu. Tu files droit jusqu'au monorail, sans prêter attention aux alentours. Ce n'est qu'une fois en mouvement, sur un itinéraire connu et prévisible, que ton corps se relâche un peu. Tu trembles comme jamais, Adam. La respiration irrégulière, tu ne parviens pas à te remettre de ce qu'il s'est passé. Certains écoutent les informations sans grande gêne et ton oreille distraite entend ce qu'il s'y dit. Rien qui peut t'aider à te rassurer, tout bien réfléchi. Tu descends à ton arrêt et marche durant dix bonnes minutes, pour enfin retrouver ton chez toi. Tu fermes tout à double tour, te cales dans le lit et finis de nouveau en boule, dans tes draps.

Ta pensée reste cette fois focalisée sur un visage, ce sourire … Et tout le malheur qui gravite autour. Dans une dernière tentative pour penser à quelque chose de plus joyeux, tu reprends le fil d'une précédente pensée et te mets à énumérer une nouvelle suite de chiffres, dénuée de sens.

[1085 mots - Je prendrai la carte d'abonnement ! Merci hug ]
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Anya
Date d'inscription : 06/03/2017
Messages : 74

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Age: 24 Ambriels
Logement: appartement étudiant / maison familiale
Corpulence: Athlétique
 (#Mer 8 Nov - 23:30
La nouvelle l'avait beaucoup plus touchée que la plupart des autres personnes. Pourtant, elle ne la connaissait pas, du moins pas personnellement cette femme. Cette ministre qui venait de perdre son mari. Mais elle ne connaissait que trop bien la douleur, les pleurs et le deuil. Ce moment où vôtre monde s'effondre, où l'on vous arrache sans crier gare et à jamais une partie de vous qui vous semble vitale. Quelque chose de tellement sacré, de tellement ancré dans votre vie, dans votre quotidien que l'on en oublie la fragilité. L'habitude fait parfois croire que les gens que l'on aime sont immuables, intouchables. L'implacable réalité ne connait que les rappels les plus sévères et cruels.... Et ce rappel, elle l'avait vécu. Elle n'avait pas oublié la douleur, ni le manque. Ils étaient toujours présents, se dissimulant avec fourberie.... Pour mieux bondir de leur boîte à la moindre occasion tels des mauvais diables ! Et ici, l'occasion était en or.... L'événement était si étrange, si inattendu, extraordinaire. Jamais auparavant Anya n'avait entendu parlé d'un dernier hommage pour un homme de cet envergure. D'ailleurs les cérémonies funestes n'étaient pas répandue non plus. Certaines des amies d'Anya trouvaient cela malsain, faire ainsi étales de sa douleur et du trépas d'un proche. Le caractère inédit de l'événement n'étant pas étranger à ce genre de réaction que la jeune femme pouvait comprendre. Mais à ses yeux, Anya ne voyait qu'une pauvre veuve éplorée et seule, qui cherchait un soutien, un réconfort auprès d'autrui. Et au fond d'elle, la native savait que personne ne pourrait jamais lui apporter ce qu'elle cherchait. Qu'au mieux on pourrait atténuer légèrement et temporairement le mal. Qu'il y avait des blessures qui ne se refermaient jamais. Mais la compassion et le recueillement étaient-ils vraiment les objectifs de madame la ministre ? Certains pouvaient remettre ses intentions en doute.... Avaient-ils tort ou raison, cela n'avait aucune importance pour Anya, qui elle croyait à la peine et à la détresse de cette femme. L'événement lui rappelait de mauvais souvenirs.... Encore bien trop frais.

Ses amies lui avaient conseillé de ne pas y aller, et de bouder les médias pour un temps. Elle n'avait pas besoin qu'on remue le couteau dans la plaie. Elle avait suffisamment souffert elle-même. Mais pour l'étudiante, il n'était pas question de se voiler la face ! Pas question de nier ! Elle n'aurait pas voulu qu'on lui tourne le dos lorsqu'elle l'avait perdu ! Elle n'aurait jamais pu réussir à relever la tête seule si on ne l'avait pas soutenu. C'était une expérience horrible, traumatisante, qu'elle ne souhaitait à personne. Et bien que cela soit dans l'anonymat, bien qu'elle ne rencontrera certainement jamais cette femme endeuillée, elle voulait être là. Elle se devait d'être une de ces présences silencieuses, dont le nombre et la participation seraient les mots de consolations à son attention. Les cours avaient été occasionnellement suspendu, et Anya s'était déjà préparée pour rejoindre le cortège. Elle fut surprise d'y voir autant de monde, et en même temps, cela lui fit chaud au cœur. Elle était heureuse et touchée de voir ce qui était à ses yeux un formidable élan de soutien et d'empathie. Car cela ne pouvait pas être autre chose.... Tout le monde était alors calme, certains même graves. L'ambiance était au recueillement, et la demoiselle ne faisait pas exception à la règle. Son cœur commença à se gonfler, au fur et à mesure que ses pas la guidaient à destination, ce fut un véritable retour vers le passé. Quelques flash la secouèrent silencieusement. Elle en vint à regretter de ne pas être venue accompagnée. Ses parents étaient bien entendu trop occupés pour se joindre à elle, et le sujet du deuil était toujours délicats pour eux. Aucun parent digne de ce nom ne supportait de voir pareille souffrance chez leur enfant. Ils se seraient sûrement rangés de l'avis de certaines de ses amies. Ils auraient tenté de la dissuader d'y aller. Surtout son père, qui semblait encore plus mal à l'aise que sa mère dès qu'on touchait le sujet. Elle avait été touché de le voir si bouleversé, et elle s'était alors dis qu'il avait eu beaucoup plus d'affection pour lui qu'elle ne l'aurait pensé. Elle était si loin de la vérité.... Mais elle était si heureuse dans son monde d'utopie. Et en adéquation avec la politique de ce dernier, elle était là aujourd'hui, chamboulée silencieusement par les événements. Zamoskvorechye, le quartier de résidence de la famille politique, était noir de monde. L'artère se gorgeait toujours un peu plus de personne venu la voir, venu la soutenir. En lutte contre ses propres démons, Anya était finalement parvenue à elle.

Irina était là, méconnaissable. Le chagrin et la douleur la ravageaient, et alors que la native posait ses yeux sur elle, son cœur manqua un battement tant l'émotion fut forte pour Anya. C'était comme voir son reflet des années passées.... Elle ferma les yeux, inspira profondément et silencieusement pour tenter de s'éclaircir les idées, et surtout rester digne. Digne dans la douleur, digne dans la tourmente. Et pourtant en voyant cette veuve manquer de chavirer, Anya avait envie de la prendre dans ses bras. Ses gardes pouvaient-ils seulement comprendre l'affliction qui la ravageait ? Bon gré mal gré, Irina prit la parole. Anya la fixait avec des yeux larmoyant, sa compassion et son empathie semblaient à leur paroxysme. Le discours était bref mais profond, percutant. Anya acquiesçait silencieusement aux propos tenus, se reconnaissant dans ces dires. Alexandre lui manquait tellement.... Irina reprit, annonçant que la suite se tenait au parc pour déposer les gerbes et faire les derniers recueillements. Anya allait reprendre son pèlerinage, lorsque soudain, le temps se figea ! Un mouvement de foule, puis l'instant d'après un mouvement unique. Celui d'un corps sans vie qui tombait au sol, ajoutant une victime supplémentaire au tableau des êtres chers disparus. L'étudiante observa la scène avec des yeux écarquillés, pétrifiée d'horreur et choquée. Que venait-il de se passer ?!

....Mais....

Des propos percèrent la foule. Des mots haineux et belliqueux qui revendiquaient l'atrocité d'un acte barbare et intolérable aux yeux de la demoiselle. C'était bafouer la mémoire des morts, attaquer un homme, ou plutôt une femme à terre. Comment pouvait-on prendre ainsi la vie de quelqu'un ? Aussi facilement et juste pour un "youhouuu regardez nous on existe et on reviendra !" ? Comment pouvait-on consciemment faire souffrir encore plus quelqu'un qui endurait déjà la pire des douleurs ? Ces criminels n'avaient-ils donc aucune fierté, aucun honneur ? Si la colère et la rage firent couler les larmes d'Anya, elle n'eut guère le temps de s'indigner davantage. La foule paniquait.... Et une foule incontrôlable était encore plus dangereuse que des fous furieux sanguinaires. Quoique... Le doute et l'angoisse ambiante commença à gagner Anya. Et si ces cinglés se mettaient à tirer sur la foule ? Après tout un peu plus de sang sur les mains ou un peu moins.... Mais une fois encore, le monde extérieur ne lui laissa même pas le temps de paniquée de manière "réfléchie". Des grenades fumigènes commençaient à éclater un peu partout, et à ce moment là ce fut encore plus la débandade que jamais ! Anya suivit le mouvement et se mit à son tour à courir, aussi vite et aussi loin qu'elle pouvait. Il fallait qu'elle s'échappe de cette foule menaçante, qu'elle s'enfuit loin de ce qui commençait à devenir un véritable tableau d'apocalypse. Comme si le monde venait de sombrer dans la folie en l'espace de quelques secondes. La peur, la colère, la haine, la violence.... Autant de sentiments ambiants qui accablaient les sens de la jeune femme. Plus vite, plus loin.... La bonne condition physique d'Anya fut un avantage, et sa capacité à se faufiler également. Mais face aux gaz des fumigènes, elle ne pouvait pas faire grand chose. Ils la faisaient tousser, et lui piquaient un peu les yeux. Heureusement que ce n'était pas des lacrymogènes !

Anya se ressaisit, serrant les poings et gonflant sa détermination. Ses études lui imposaient de savoir garder la tête froide dans les situation les plus critiques. En opération, il ne fallait jamais paniquer. Il fallait réfléchir vite et être efficace. Elle se dirigea vers l'artère adjacente où elle avait garer son véhicule, si elle pouvait l'atteindre, elle pourrait sortir de cette enfer en empruntant une route opposée à mouvement de la foule. Sur la route, elle s'arrêta juste le temps d'aider une vieille femme qui commençait à se faire piétiner. Il fallait jouer des coudes, et elle dut même repousser violemment les plus paniqués pour éviter qu'elle ne se fasse emporter à son tour. Et ce alors qu'il n'étaient pas dans le mouvement le plus violent de foule. Après être parvenu à remettre la petite grand-mère sur ses jambes, et l'avoir écarté du passage de la foule, Anya aperçu son véhicule plus loin, en dehors de l'axe principale. Elle avait proposé à la petite dame de l'emmenée loin d'ici mais cette dernière déclina la proposition, la remerciant simplement de l'avoir aidé, avant de lui assurer que cela irait pour elle, qu'elle pouvait à présent se débrouiller seule. Anya vérifia rapidement que cette femme n'ait rien de grave en terme de blessures, avant de filer, et de prendre la voiture pour retourner chez elle, ou du moins directement à la demeure familiale. Ses parents morts d'inquiétude, avaient déjà commencé à contacter qui ils pouvaient pour avoir des nouvelles de leur fille, comme beaucoup d'autres parents. Mais eux furent soulagés de la voir rentrer à la maison, avec simplement quelques bleus et une toux. Mais dans son esprit, Anya était beaucoup plus touché que son corps....

Des mots et des gains:
 



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Jasper Kovachev
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Messages : 49

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Age: 28 ans
Logement: T2 à la caserne
Corpulence: Moyenne
 (#Dim 12 Nov - 12:18

J’étais nerveux et c’était le moins que je pouvais dire. Depuis l’annonce de la ministre Volker, nos équipes étaient sur le terrain pour préparer son apparition publique. Il fallait que la sécurité soit à son maximum si nous voulions mettre toutes les chances notre côtés. Le commissaire et un des inspecteurs de police ont essayé de la dissuader de se montrer si vulnérable. Il pouvait lui arriver n’importe quoi, surtout la mort. Mais elle avait tenu tête à ces hommes, leur indiquant qu’elle avait besoin de faire cela et que si elle mourrait, alors elle reposerait en paix aux côtés de son mari tant aimé. Pauvre femme…
En tous les cas, les militaires comme les policiers étaient sur le feu. Notre poste était submergé par les papiers administratifs et les dérogations permettant de couvrir le périmètre avec des agents de terrain camouflés en civil. Dont moi. Oui, moi. J’étais, hélas, de la partie.

« Kovachev, tu seras avec l’équipe B. Voici tes ordres. » Un militaire de haut rang venait de rentrer dans mon bureau pour me porter un ordre de mission signé de la main du chef d’Etat. Il y était formulé que les agents invisibles, donc en civil, ne porteraient pars leurs armes de service. En cas d’attaque quelconque, ce serait leurs pairs, visibles, donc en uniforme, qui les couvriraient. Si les plus tape à l'oeil étaient chargés de la sécurité de la manifestation, ceux, un peu plus camouflés, étaient chargés de quadriller la zone en repérant d’éventuels suspects et truands qui tenteraient de retourner la situation pour en faire un carnage. Bien que je trouvais que ne pas avoir d’arme dans cette entreprise était clairement suicidaire, cela me rassura d’un côté. Je détestais avoir à dégainer cet engin sur des Hommes. Je l’eu fait, mais ce n’était pas moi, ce n’était pas de mon ressors. A dire vrai, j’étais dans cette équipe car le profiler de notre section avait identifié le tueur de mon affaire en cour et supposait qu’il se trouverait dans cet événement. Quoi de mieux qu’un rassemblement pour faire tomber une ou deux têtes après tout… ?
L’inspecteur que j’avais l’habitude d’accompagner, en règle générale, était également affecté à un poste mais loin de moi. Cette fois-ci, nous ne travaillerons pas ensemble.

Après deux ériels en dehors de mon bureau, à cavaler dans les rues de la ville et à essayer de comprendre le trajet du meurtrier, je me voyais mal retourner à taper des dépositions toute la journée. J’espérai faire mouche et que l’on m’assigne à un poste valorisant avec un peu plus d’adrénaline. Non pas que je voulais mourir avec panache mais disons que j’avais largement fait le tour de la question de l’agent administratif par excellence. Tantôt à l’accueil, d’autre fois en tant que gardien de garde à vue, pour finir aux rapports de témoignages et dépositions, ça allait bien. Je voulais passer à la vitesse supérieure et ce meeting allait être ma chance de me faire remarquer par mes supérieurs.

Ouvrant le tiroir de mon bureau, j’y vis l’arme démontée « Pas cette fois-ci… » Tournant la serrure, je pris la clé et quittai le bureau. Il fallait que je me prépare et que je rejoigne mon équipe qui allait partir en reconnaissance, comme toutes les autres avant nous. La rencontre allait être demain et nous devions maximiser nos chances de réussites.
~
Les visages qui s’amassaient dans cette gigantesque rue étaient déconfis, triste, peiné. C’était un crève-cœur de se rendre à cette commémoration et pourtant, tous étaient là. Il y avait une foule de monde invraisemblable et, tout à coup, chercher un criminel là-dedans me semblait tout bonnement impossible. Nous n’allions pas y arriver. Il pouvait agir de n’importe où et nous serions bien incapable d’agir. En plus, pour ma part, j’étais dans les stup’ alors comment dire que je ne savais nullement analyser en deux secondes, le trajet d’une balle.
Mon binôme, que je ne connaissais que pour l’occasion, me donna un léger coup de coude pour attirer mon attention. Il fallait que je sois un peu plus alerte et non perdu dans mes pensées. Tournant la tête dans sa direction, je vis qu’il m’indiquait un groupe de jeunes un peu trop joyeux pour l’ambiance de la chose « Ils doivent être ivres… ». Lorsque l’un d’eux chuta sur un civil devant lui, il fut rapidement empoigné par des gros bras qui se frayèrent un chemin dans la foule. Il n’y avait pas que nous qui les avions vu. Le groupe entier se fit dégager « Ok… Ça va être long… »

Nous avions reçu une formation très brève, de l’armée, pour nous aider à voir des choses que d’autres ne verraient pas. Analyser des situations, à comprendre un enchaînement de situations sans être perturbés ou paralysés, à réagir vite. Sauf que même si j’avais la pleine maîtrise de mon corps, je n’étais vraiment pas sûr de mes réflexes. Je le sentais mal, voilà tout.
Madame Volker fit son apparition et le calme vint recouvrir la foule. Son discours était touchant mais il me fallut un coup de coude supplémentaire pour me faire comprendre qu’actuellement ce n’était pas elle que je devais regarder. Nous marchions un peu là où nous pouvions, nous jetant des coups d’œil pour essayer de voir l’élément perdurable.

Et puis le coup partit.

Franchement, je ne savais absolument d’où cela venait, je n’avais rien vu. Mon collègue m’abandonna, poursuivant une piste qu’il avait semblé judicieuse et je me perdis dans cette foule en délire. Un des agents de sécurité de madame Volker venait de mourir sur le coup, comme touché à son point faible.
La situation était affreuse mais l’adrénaline qui montait en moi me fit réagir un peu plus vite. Mon œil fut attiré par le brillant d’une arme que l’on dissimula sous un manteau et c’est en criant que je commençais à poursuivre ce truand. Dès qu’il me vit, il se mit à courir dans tous les sens, tout comme le monde apeuré. Des collègues essayaient de calmer le flot de personnes et de le guider vers des sorties de sécurité mais tout le monde se marchait dessus. Je supposais même avoir piétiné une ou deux personnes mais, focaliser sur mon objectif, je ne baissais même pas la tête « HEY ! HEY VOUS ! POLICE ! ARRETEZ-VOUS ! » Mais ma voix se perdit dans le bruit des cris et des pleurs tout autour de moi. C’était une cacophonie qui me faisait chanceler à chacun de mes pas. Je sentais la distance avec l’individu s’allonger, sans que je ne puisse faire grand-chose pour le rattraper. Je me sentais déjà au maximum de mes capacités. Si j’en faisais plus, je risquais de blesser des civils sur mon passage et ce n’était pas le but. Ils me ralentissaient mais j’avais l’impression que je pouvais y arriver.

Je débouchai dans une ruelle après avoir traversé l’entièreté de la nuée de personnes. Au coin, dans la pénombre, plus loin, je vis le bas d’un manteau disparaitre, similaire à celui de mon homme. Sans plus attendre je criai une nouvelle fois et me mit à sa poursuite. Mais arrivé à l’intersection, il n’y avait plus personne. Aucun mouvement, aucune odeur, pas même des traces dans le sol un peu plus sale que dans la rue principale « Merde… » Reprenant mon souffle, je fis demi-tour. Je n’avais même pas vu son visage. J’étais vraiment un bon à rien, mes supérieurs allaient très certainement ne pas laisser passer cela quand je ferai mon rapport et m’expliquer qu’un bon flic était forcément compétent. Sinon, il retournait derrière son bureau. Quelle poisse !

Madame Volker avait été évacuée dans une automobile blindée et devait déjà être loin. Au moins la ministre était en sécurité. Sur le palier de l’artère principale de Zamos, je rencontrai un collègue qui me donna un petit badge qui ne payait pas de mine. Il m’expliquait qu’il était incrusté d’une technologie bien connue, quasiment pareille à celle de mes rétines. Cela pouvait analyser des objets, des traces, bref, nous aider à trouver quelques indices. J’observais ce petit truc avant de relever la tête et me rendre compte de l’horreur.  Des corps inanimés, en sang, étaient allongés sur le sol, d’autres complètement désarticulés. Des collègues en civil prenaient le pouls de certains et regardaient leur montre. Les médecins, dépêchés sur place dans le doute, sortirent de leur camion médical pour venir sauver ceux qui respiraient encore. Il y avait des cadavres encore chauds sur le tarmac et je ne pouvais rien faire de mes dix doigts. J’étais capable de reconnaitre les drogues à l’œil nu, mais dès qu’on me mettait une arme dans les mains ou un stéthoscope, j’étais un manche à balais.
Bon à rien.

Faisant volte-face, je retournais dans la ruelle et tournai à l’embranchement où j’avais vu le suspect partir. Je ratissai le quartier à pied, de haut en bas, en analysant toutes les moindres recoins. Le badge projetait un faisceau lumineux très léger, permettant de voir où était sa zone d’analyse. Je pris l’initiative de perdre du temps jusqu’à la sortie de l’autre côté. Je n’eu pas grand-chose, seulement un morceau de tissu que je n’aurai jamais découvert à l’œil nu. Il était resté accroché à une barre en métal dangereusement coupante et il ressemblait au manteau de l’inconnu. Quand je le passais sous le badge, celui-ci m’indiquait un échantillon de cheveux que j’allais devoir porter au laboratoire. Serrant le tout dans ma main préalablement gantée, je rejoignis les équipes sur le terrain pour glisser cela en faisant attention que le cheveu y était toujours, dans un petit sac qui partit immédiatement dans une boite. Je donnais mes coordonnées et celle de mon inspecteur pour que nous soyons dans les prévenus si cela détectait quoi que ce soit.

1633 mots + le super badge Very Happy



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